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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 08:49

 

Ça serait tellement classe de passer nos soirées à lire sur le canapé, juste éclairés par une liseuse diffusant une douce lumière jaune. Avec comme ambiance sonore une musique un peu jazzy. La vaisselle serait faite bien sûr, et une boisson chaude nous attendrait sur la table basse, les volutes de fumée semblant vouloir nous appeller et nous apaiser de leur envoûtante danse.

 

Sauf que ou pas.

 

Donc lundi on bouffe des pâtes carbonara, tout reste en plan sur la table basse, qui est par ailleurs jonchée de jouets, tasses de la veille, bouteilles d’eau vides et miettes.

 

Et puis on met M6, d’une part parce que y’a rien d’autre, d’autre part car on a la flemme d’aller chercher un dvd à insérer dans le lecteur. Et puis M6 en général, ça ne demande aucune mobilisation neuronale, et tu peux éteindre en cours de route pour te pieuter sans l’angoisse d’avoir loupé un truc.

 

m6

Le logo il est à ton image si tu abuses d'M6 : tu as un gros cul qui coince dans le canapé. 

 

 

Y’avait « L’inventeur 2012 ». C’était très moyen : un jury pas crédible, des réactions pas naturelles, un panel de consommateurs semblant sur le point de s’entretuer. Des inventeurs au sommum du stress. Cette femme qui a inventé une montre/couteau suisse (ça sent le « merde faut que j’invente un truc là » ) de qui on se moque lors de la diffusion de son portrait. On lui fait croire qu’on s’intéresse à elle en la mettant au centre de l’image, en allant chez elle, en lui demandant de parler à cœur ouvert. Mais derrière le but est bien évidemment que le spectateur se foute joyeusement de sa gueule, car quand même elle est fort ridicule.

 

C’est dégueulasse. Et en même temps c’est aujourd’hui le prix à payer quand tu passes à la télé. Tu n’as aucun contrôle de l’image qui est donnée de toi, et des tas de gens vont te juger vautrés dans leur canap’.

 

Sérieux comment j’ai pas envie de passer à la télé.

 

Nous arrivons sur une candidate. LA candidate qui nous a scotchés Diego et moi. Personnellement, j’ai été choquée par son « invention », pour ne pas dire ulcérée.

 

Bon déjà la meuf, Anne, elle est psychologue. Là comme ça tu dirais que du coup, elle en a dans le cigare, qu’elle a réfléchit au truc, qu’elle connaît l’Humain quoi. Et du coup c’est encore pire quand tu vois ce qu’elle a chié pondu comme invention.

 

La dame elle t’explique que son invention c’est pour venir en aide aux parents pendant la période d’apprentissage de la propreté. Tu noteras que c’est pour venir en aide aux PARENTS, et pas à l’enfant hein.

 

Nan parce qu’en fait, elle sait pourquoi pour certains enfants c’est dur (sans jeu de mots). C’est à cause de la couche. Comme la couche garde trop au sec, le nenfant il se rend pas compte qu’il se fait dessus, alors comment lui apprendre à faire ailleurs ?

 

Jusque là je dis pourquoi pas, c’est vrai que c’est une question que je me suis déjà posée, sans trop creuser je t’avoue.

 

Et là, elle te sort un pantalon jaune moche qu'elle a appelé "l'anti-couche". Tranquille, elle te dit que tu mets ce pantalon la nuit à ton gamin. Juste le pantalon, no couche. Et ce qui est génial, c’est que le pantalon est totalement imperméable sur l’extérieur, donc si l’enfant fait pipi, pas besoin de changer les draps !

 

Super non ?

 

Le jury est interloqué (et moi je me liquéfie dans mon canapé) « mais du coup…l’enfant reste dans son urine ? » lui demande-t-il, effrayé par la réponse qu'il connait déjà.

 

« Oui ! » répond Anne, toujours aussi sûre de son invention "L'enfant doit sentir qu'il est mouillé, c'est ça qui est important."

 

Et ouais, il macère dans sa pisse, dans un truc imperméable pour que bordel de merde il pige qu’on n’est pas des bêtes, il peut pas bouger son cul et aller aux chiottes ?

 

Si l’enfant ne veut pas rester dans sa pisse, ben soit il se lève, soit il ne pisse plus.

 

J’ai dans l’idée qu’il peut aussi pleurer et appeler ses parents, qui n’auront certes pas à changer les draps, mais devront changer le gamin et le laver. Mais je sens aussi que, parti comme c’est, ben autant laisser le chiard pleurer dans sa pisse nan ? Pour que vraiment de vraiment, il comprenne qu’il emmerde ses parents ?

 

Le jury est TRES abasourdi. On lui fait remarquer qu’être dans son urine, dans un vêtement imperméable qui ne respire pas, c’est peut-être pas du tout bon pour la peau ?  

 

Elle insiste, elle répète son credo sans même écouter les remarques du jury, prise à la gorge par son trac qui se voit comme un bout de carotte dans un plateau de gâteau apéro. "Ben en fait c'est ça le but hein, il faut qu'il soit mouillé"

 

Si l'enfant fait pipi, il peut se lever, qu'elle t'explique, et il n'à qu'à changer son pantalon, et pas les draps donc. Il peut se rendormir très rapidement le petit veinard (euh, sans se laver ??), mais surtout "sans réveiller ses parents." On a bien compris que c'était surtout ça l'objectif.

 

Fort heureusement, le jury lui a mis 4 non. Elle tente quand même une dernière fois "moi je fais ça pour répondre aux attentes des parents surtout."

 

Oui oui, ça on a bien compris Anne. Maintenant tu es mignonne et tu t'en vas s'il te plait.

 

Avec le Diego franchement on a halluciné. J’avais envie de rentrer dans mon écran de télé pour lui coller 2 baffes. Je me dis que cette dame, avec son statut de psychologue, elle a bien dû en convaincre, des parents, de laisser leur enfant macérer dans leur urine (voire leur merde, on n’est plus à ça près).

 

Je me dis qu’elle a bien du le tester, son bousin. Sur qui ? Qui est passé entre ses griffes ??

 

Sincèrement, quand elle sera une vieille toute poilue qui se fera dessus, ben j’espère qu’on testera sa méthode sur elle, pour qu’elle « comprenne ». Non mais.

 

 

RAJOUT : Vous pouvez voir cette charmante personne en Replay, le show commence à environ 41 minutes.

 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 09:36

Barbelivienne.

 

Pendant la grossesse, on avait longuement causé avec Diego du séjour à la mater et bien entendu des visites.

 

Sache que quand tu accouches, c'est comme quand tu te maries (enfin je suppose car on vit dans le pêché, mais bon j'ai des yeux quoi).

 

Bon déjà, dans le mariage comme dans l'accouchement, ta choune finie explosée (ou alors c'était déjà le cas avant ?)

 

Mais à part ça : c'est TON moment... mais en fait non, c'est le moment de tout le monde, et on te fait des reproches si tu veux pas trop le partager, ou le partager à ta manière.

 

Tout le monde veut venir te voir quand ça les arrange eux, et si tu émets une objection, bouuuuh t'es qu'une raclure qui veut priver l'entourage des précieux moments avec le nouveau né.

 

Il va sans dire que ces fameux précieux moments, qui ne reviendront pas non plus pour toi, jeune mère à l'utérus vide, ben on s'en cogne grave que tu ne les vives pas à 100 %. L'important, c'est que bidule truc doit pouvoir voir le bébé quand bidule truc le veut.

 

Ouais et ben bidule truc, on l'encule à sec.

 

On avait dit : bon ok vous venez à la mater (séjour de 4 jours normalement), mais ensuite une fois rentrés à la maison, on reste en solo pendant au moins 15 jours.

 

Je pensais, niaiseuse que j'étais, que j'allais être certes un peu fatiguée à la mater, mais que j'allais nager dans un océan de plénitude et que surtout...on allait se faire chier.

 

J'avais donc acheté des magazines pour dindes, et un roman.

 

J'ai rien ouvert.

 

Ça aurait peut-être été un séjour zen si ma Ventouse n'avait pas pesé "que" 2.5 kg à la naissance, ce qui a entrainé une cascade de conneries, et si l'allaitement s'était mis en place roule ma poule, sans problème.

 

Sauf que voilà, c'était pas le cas, et franchement les visites, j'en pouvais plus. Faut déjà se farcir les visites du personnel soignant toutes les 10 minutes, alors la famille et les amis, merde.

 

J'ai accouché (J1) à 6h.

 

13h30 : mes beaux-parents étaient dans la chambre.

 

J2 : visite de mes parents

 

J3 : visite d'une bonne amie à moi + visite du beau-frère

 

J4 : visite du beau-frère (oui encore) + de mes parents (oui encore) + d'un vague pote.

 

Dit comme ça ça fait pas non plus agenda de Ministre, mais pourtant ça use. Ça use car la mater était loin de tout le monde donc ils n'allaient pas rester pour 20 minutes tu penses bien. Il fallait rentabiliser le temps de trajet. Ça use car la mater a son planning rodé et il faut pas louper le coche sinon on te rappelle à l'ordre, tu apprends à être parents, tu as passé une nuit blanche rapport au fait que t'as juste accouché, t'es full of hormones, tu as envie de buter le pédiatre, ton bébé a toujours un examen moisi à passer...et faut trouver là dedans la force d'être sociable.

 

Ben non. Tu es au bord de toi-même et t'as envie de virer tout le monde.

 

Là (confessions intimes), le Diego il a gravé merdé, même que je lui en ai bien voulu tout comme il faut. Je sais pas si tu as lu plus haut mais il y a un "vague pote" qui est venu.

 

Pourquoi ? Car le Diego bon dieu de bordel de merde, il a perdu ses couilles sur le chemin de la mater, il n'a pas su dire non. 

 

Le pote (tu sais, celui qui a voulu squatter chez nous la veille de mon terme, donc un peu la nuit où j'ai accouché) il lui a seulement annoncé qu'il venait tel jour, il a demandé dans son immense politesse à quelle heure les visites étaient autorisées, mais c'est tout point barre.

 

Le mec, je le connais peu et franchement, je l'apprécie pas plus que ça.

 

Ma tante a voulu venir, je lui ai dit c'est gentil mais là ça fait trop, toutefois merci merci pour la démarche.

 

Ma soeur a voulu venir, je lui ai dit c'est gentil mais là ça fait trop, toutefois merci merci pour la démarche.

 

L'autre guignol s'impose, et le Diego il ose pas dire non ? J'avais envie de le buter. En fait, de les buter tous les deux.

 

Le connard est resté 2 interminables heures, en plus le jour le plus compliqué émotionnellement, le jour où j'ai le plus chialé ma race.

 

Il nous a envoyé plus tard des photos prises ce jour là, c'est marrant car je m'auto connais, je lis clairement dans mes yeux :" MAIS BARRE TOI ENFLURE, TU VOIS PAS QUE TU DERANGES ESPECE DE GROSSE MERDE ?"  (oui je suis violente mais sérieux je suis gentille par rapport aux pensées que j'avais à ce moment là)

 

Finalement on est resté non pas 4 jours mais 7 (glurps), et ben les 3 derniers jours, sans aucune visite, c'était carrément mieux.

 

Pour le 2e gosse, je sais pas trop comment on va faire...on se voit mal refuser l'accès à la famille proche sinon ça serait un drame national, mais par contre les pas proches, fuck.

 

De retour à la maison, on avait dit 15 jours sans personne, mais bien sûr les beaux-parents repassaient par là 10 jours après, et déjà que Diego sait pas dire non à un vague pote, alors à ses parents...Je l'ai eu bien profond.

 

En plein pic des 3 semaines c'était juste délicieux à vivre.

 

Donc voilà, fais gaffe, les visites ça part d'un truc sympatoche, mais ça peut facile virer au triple homicide.

 

Et toi, on t'a gavé de gens relous qui polluent ?

 

foule.jpg

 Sinon on est venu avec 2-3 potes pour voir la Ventouse, ils attendent devant, ça dérange pas ?

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 08:55

Jo,

 

Je sais pas si tu a remarqué, j'aime bien faire des recherches, et puis après te pondre un truc que j'espère pas trop mal ficelé.

 

Hier, j'ai lu le billet d'OlympusMom,  "ils n'ont pas le droit moral à la vie"

 

Ce billet m'a interpelée, car il m'a ramenée indirectement à des informations que j'avais lues par ci par là sur la souffrance du bébé. J'avais lu qu'on a pendant longtemps considéré que le bébé ne pouvait pas souffrir. Qu'il ne ressentait pas la douleur. Que, en France, oui en FRANCE Jo, il pouvait y avoir AUCUNE prise en charge de la douleur pour des traitements lourds, jusqu'à la fin du 20e siècle (hier quoi).

 

C'est quand même le truc qui te parait complètement moyen-âgeux, archaïque, inimaginable, inconcevable si t'as une micro particule de bon sens, je dirais même d'humanité. Et pourtant, c'est ce que croyait la communauté scientifique.

 

J'avais lu des info, mais des infos "froides", abstraites, distanciées.

 

Ce billet quelque part m'a ramené à la maternité. Ma Ventouse je te l'ai dit, à eu des soins pas fastoches, avec moults prises de sang. Il y a eu prise en charge de la douleur, ça l'a sûrement amoindrie, mais douleur pour elle y a eu. Elle venait à peine de naitre, et elle aura connu la souffrance physique et morale avant même d'avoir connu mon lait.

 

Mon beau-frère (frangin de Diego) est venu nous voir à la maternité. Je vais pas tourner autour du pot, mon beauf j'ai jamais pu le blairer. Et c'est réciproque (alors que quand même, je suis plutôt sympa non ?).

 

Avec mon Diego, on s'épanche un peu, c'est dur pour nous de la voir subir tout ça, c'est dur de savoir qu'elle a mal, si petite, si fragile.

 

Et là le mec, avec son air de certitude et de suffisance que je méprise depuis toujours nous fait "hof, t'en fais pas pour elle, elle sent rien hein. Son cerveau n'est pas encore assez mature pour ressentir la douleur."

 

Tu peux pas savoir la montée haineuse que j'ai eu. Mon Diego aussi a été très choqué qu'il puisse penser ça.

 

Et oui...des gens croient ENCORE qu'un bébé, c'est un légume. Un tube digestif. Un amas d'organes.

 

Je l'ai haï d'avoir dit ces mots...c'est comme si il ne conférait même pas à ma fille un statut d'être humain. C'est gerbant.

 

En plus le mec, c'est pas le guignol juste bon à mater téléfoot hein, en toute honnêteté il a une culture générale de dingue, il lit beaucoup, une sorte de Ross dans Friends, le côté drôle et funky en moins. Le mec tu le mets devant ARTE, il te sort le pop corn et il frétille d'impatience quoi.

 

Mais il croit qu'un bébé, ça ne souffre pas.

 

J'ai donc voulu te pondre un billet sur l'Histoire de la prise en charge de la douleur du bébé. Je ne le ferai pas.

 

J'ai trouvé une bonne base documentaire. J'ai lu des choses purement horribles. Concrètes cette fois. Des exemples. Des témoignages. Des chiffres. Des bébés, comme ma fille, joufflus, fessus, si mignons, si fragiles, ont été ni plus ni moins torturés car "ils ne souffrent pas voyons". Et je te parle là jusque dans les années 1980-1990. Bien sûr au fil du temps c'était de moins en moins massif. Mais ce que je peux te dire, c'est que dans les années 60, pas d'analgésie pour les bébés. Jamais.

 

De la barbarie.

 

On a je pense traité avec plus de respect des chiens dans les cabinets vétérinaires (et tant mieux pour les chiens hein).

 

J'ai pleuré comme une merde Jo, j'ai pleuré.

 

Je ne peux pas continuer à fouiner. C'est trop dur à encaisser. C'est une vérité trop horrible. Voilà, je le sais, mais pour le moment je ne veux pas en savoir plus.

 

C'est aussi pour ça que pour moi, la parole d'un médecin, même si elle mérite toute ma considération, jamais je ne la croirais aveuglément. Jamais je n'aurai une totale confiance.

 

"Eux, ils ont fait des études, il savent."

 

...Vraiment ?

 

 

hosto.jpg

 

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 09:16

Je pense que je t'apprends rien Vivianne : quand t'es parents, tu DOIS culpabiliser. Quand t'es môman, t'as un bonus, t'as droit à une rasade supplémentaire.

 

Tu sais que la moindre parcelle du comportement de ton bébé est analysé, et critiqué ensuite.

   

On DOIT être un parent parfait.

 

Ce qui implique juste d'être le même parent qu'est ou a été la personne en face de toi. C'est ni plus ni moins ça.

 

Quand on est parent, on fait des choix. Certains viennent des tripes, d'autres parce qu'on a lu sur le sujet, on s'est vachement informé en croisant les sources, on a fait des putain de découvertes qu'on n'imaginait même pas, et d'autres fois c'est pas vraiment des choix, tu suis un peu le mouvement car là comme ça, ça te parait pas utile de te pencher sur la question pendant 150 ans.

 

L'éducation est comme tout, c'est normé. Sauf qu'il y a quand même une latitude à cette norme. A partir du moment où quand même tu cognes pas sur ton môme à tout va dès la naissance (ça quand même c'est condamné ouf), après tu surfes.

 

Du coup, la norme varie selon les personnes. Selon ton interlocuteur, ta façon de faire peut être la BONNE, ou la PIRE.

 

A partir de là, tu peux te bouffer des remarques, surtout je pense au premier enfant. On doit se dire que la pauvre elle a besoin de conseils là, car quand même, moi je fais (ou ne faisais) pas comme ça, il faut lui dire.

 

Quelque soit tes choix, tu seras nulle :

 

- Tu n'allaites pas ? Tu es égoïste, tu ne veux pas donner le meilleur à ton bébé.

- Tu allaites au delà de 3 mois ? Tu es une esclave surprotectrice (doublée d'une vache laitière).

- Tu utilises des couches jetables : biiih tu mets des mauvais produits sur ton bébé.

- Tu utilises des couches écolo : t'es bien con tu te fais avoir.

- Tu utilises des couches lavables : tu chies sur le combat féministe, tu es re-esclave.

- Tu laisses pleurer : tu es un monstre qui abandonne son bébé à son desespoir.

- Tu ne laisses pas pleurer : tu es faible et tu fabriques un capricieux.

- Tu achètes d'occaz : tu ne veux pas offrir le meilleur à ton bébé.

- Tu achètes du neuf : tu te fais avoir par la société de consommation.

- Tu mets des fessés : tu bats ton enfant.

- Tu es contre tout châtiment corporel : tu es faible et tu fabriques un capricieux.

- Tu reprends ton travail: tu abandonnes ton enfant c'était pas la peine d'en faire.

- Tu es mère au foyer : tu n'as aucune ambition professionnelle, tu ne fais rien de tes journées et tes enfants resteront collés à toi à vie.

 

Je ne déroge pas à la règle. Face à la façon dont d'autres s'occupent de leur enfant, ben parfois je pense des trucs que j'ai listés plus haut, et même d'autres.

 

Oui je juge. En même temps ceux qui disent ne pas juger, je ne les crois pas. On y passe pas mal de temps quand même. Après il ne faut pas confondre juger et condamner.

 

Toutefois, quand je juge, je ferme ma gueule.

 

Cette nuit, l'oeil vitreux et collé (j'ai passé une nuit mémorablement merdique), je pensais à tout ça.

 

Je me disais que je me tais car c'est pas dans ma personnalité de rentrer dans le lard, de chercher des noises, de contredire sur des sujets sensibles (oui car sur des sujets banals (banaux ?), je sais m'exprimer. On me dit le riz c'est meilleur avec de l'ananas dedans je dis fuck sans vergogne).

 

Oui, mais pas que.

 

Je ferme ma gueule car l'ouvrir, quel serait le but ? Pas le but de surface hein, genre "nan mais je veux aider", le but enfoui, caché ?

 

...ce serait pas de me convaincre que je suis une bonne mère, en opposition à l'autre mère qui bien sûr fait mal ?

 

Ne serait-ce pas parce que moi-même je doute ? N'ai-je pas besoin que l'autre en face adopte le même comportement parental pour me rassurer, me dire que j'ai raison de faire comme j'ai fait, ou comme je fais encore ?

 

J'ai comme dans l'idée que celle en face de toi qui a l'air de tout donner pour que tu culpabilises...elle cherche en fait à ce que tu la rassures, car c'est ELLE qui se fait peu à peu grignoter par sa culpabilité. 

 

C'est un cercle vicieux en fait...on se balance la culpabilité comme une patate chaude, mais il en reste toujours sur les mains. 

 

 

P1050659.JPG

Ça ressemble à la culpabilité nan ?

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 09:28

Philomène,

 

Au début je voulais te causer en profondeur de mon séjour en mater. Sauf que je peux pas, j'y arrive pas. Trop dur. J'ai pas tout digéré.

 

Ça s'est passé comme dans la pub Axa, la vieille ligne bleue qui apparait et le monde se retourne. Ben pareil. Une fois ma fille née, j'ai basculé en Enfer.

 

Coté obstétrique, j'ai été satisfaite de l'accompagnement proposé. Sauf qu'une fois le bébé né, tu passes dans le pédiatrique, et ça a viré à la cata.

 

Pourquoi ? te demandes-tu fébrilement.

 

Parce que ma Ventouse pesait 2.560 kg et mesurait 46 cm. Hors norme pour un bébé à terme."Bébé hypotrophe", qu'ils disent. Moi "mon pitit bébé" ça me convenait mais ça faisait pas assez scienteux.

 

Peut-être qu'un jour je te dirai tout dans le détail, mais il faudrait plusieurs catégories : Pédiatre / Soins / Allaitement.

 

C'est con car la majorité du personnel soignant était bienveillant. Mais on est si fragile qu'il suffit de 2 ou 3 personnes pour te laminer et balayer la gentillesse des autres.

 

Et je suis restée 8 jours putain, 8 jours.

 

Ce que je retiens surtout :

 

- La pression de dingue pour qu'elle prenne du poids et VITE.

- Le pédiatre n°1, Dr Connard, qui est imbuvable, hautain, irrespectueux, désagréable, infantilisant.

- Beaucoup de soins quotidiens, souvent douloureux pour ma Ventouse.

- Une partie de l'équipe à J3 qui nous a rangés dans la case "bio" car j'avais voulu un accouchement non médicalisé, ce qu'ils confondaient avec le fait d'être contre toute médicalisation (genre secte quoi). Ce qui a donné une journée entière de petites remarques déplacées.

- La bataille que j'ai du mener surtout contre le pédiatre n°1 pour pouvoir allaiter.

- Les 3 X 12h en photothérapie, ma Ventouse dans sa boîte, avec son masque, qui hurle, et des instructions qui varient selon le personnel soignant de garde.

- Cette salope soignante, dont je ne sais plus la fonction, auxiliaire de puéruculture je crois, qui a déboulé un matin dans la chambre à 7h pour m'engueuler. Elle s'était rentrée dans la tête qu'on ne mettait pas le collyre à ma fille qui avait une conjonctivite. (Ben oui, puisqu'on était contre toute médicalisation). Elle m'a dit qu'on allait me la prendre et la transférer dans un autre hôpital vu mon attitude, que je ne pourrai plus l'avoir avec moi, que j'étais dangereuse pour mon bébé. Alors qu'on lui mettait ce putain de collyre ! Et j'ai pas su réagir, j'ai juste fondu en larmes à l'idée qu'elle soit loin de moi. Maintenant quand je me repasse la scène, j'ai des bouffées de violence pour cette grognasse. Pute. Dans mes rêves je la plaque violemment contre le mur, je marque un temps, je la fixe droit dans les yeux et je lui sors sur un ton qui ne laisse aucun choix "sortez de ma chambre MAINTENANT et ne revenez jamais. Sinon c'est simple vous prenez ma main au travers de la gueule." Mais bon j'ai pas dit ça, j'ai tenté un pitoyable "me parlez pas comme ça, je vous jure qu'on lui met le collyre !" Mais en pleurant comme une fillette et en tentant de conserver un soupçon de dignité en tenant le drap vu que j'étais à moitié à poil (je crevais de chaud), ben tu repasseras niveau foutage de boules quoi.

- Et tant qu'à faire, la veille elle m'avait sortie que je n'avais de toute évidence pas des seins faits pour allaiter. Autant être incompétente jusqu'au bout hein.

 

Mais heureusement je retiens aussi :

 

- Valérie la siouper SF que j'avais rencontré à l'entretien du 4e mois, qui m'a beaucoup soutenue et qui a sauvé mon allaitement. BIG UP POUR VALERIE.

- Cette aide soignante sympa qui passait souvent juste 1 ou 2 minutes pour prendre des nouvelles. J'avais l'impression d'être "spéciale" pour elle, et ça faisait du bien.

- La puéricultrice que j'ai eu de temps en temps qui paraissait hyper froide sur le coup mais en fait qui était vachemement plus humaine que d'autres.

- Le pédiatre n°2, Dr Monpote, que j'ai eu à compter de J5. Un gars plus zen, pas un acharné du soin, pas un acharné de la prise de sang, qui nous a à demi mot avoué que si ça avait été lui, ma Ventouse n'aurait jamais passé tous ces examens, n'aurait jamais été piquée autant de fois juste car elle était petite.

- J4, quand le Dr Connard a décrété que je devais abandonner l'allaitement au profit du lait artificiel (en même temps c'est con ce que je dis, on va pas lui filer du cabernet d'anjou à la ptite. Jsuis pas un monstre, pas avant 18 mois quand même). J'ai explosé. Diego a vu la même rage dans mes yeux qu'à la fin de mon accouchement. Le mec, je l'ai pourri sur place. Froidement, avec conviction, sans insulte mais en le remettant bien à sa place (dans le caniveau de New Delhi). Et devant tout le monde à la nurserie : personnel soignant et autres parents. Non seulement ça m'a fait un bien fou (ça m'a dépucelée de l'envoyage bouler - oui, je ne sais pas envoyer chier, tu peux me traiter de pucelle), mais après il nous a plus fait chier. Et j'ai allaité.

 

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Tiens, le pédiatre, prend ça dans ta gueule.

 

En fait je sais pas si ma mater je dois la conseiller ou pas. Je l'avais choisie pour la possibilité d'y accoucher physiologiquement, et de ce point de vue là, niquel, tout a été fait dans le respect.

 

Ensuite, la grosse merde, mais c'est surtout la faute de Dr Connard. Si j'avais eu Dr Monpote en premier, ça se serait sans doute mieux passé. Alors quoi en penser ? JE N'EN SAIS FOUTRE RIEN.

 

N'empêche c'est aussi pour des séjours DE MERDE comme ça que les mamans veulent une sortie anticipée. Je flippe ma race à l'idée de vivre ça une deuxième fois. Tant de fatigue, de violence gratuite, de fatigue, d'infantilisation et, je crois pas l'avoir déjà dit, de fatigue...

 

D'ailleurs tu vois Francine, quand on est rentré à la maison, on a tiré aussi un trait sur le retour qu'on avait imaginé, tout doux dans notre cocon. J'étais épuisée, j'ai relaché la pression, et je me suis tapée un vieux contre-coup de derrière les fagots qui m'a offert un billet pour une soirée aux urgences gyneco de l'hôpital de ma ville. Ben ouais : 39.5 °C (et pas d'engorgement), des frissons, une lassitude incroyable...

 

On m'a fait toute une batterie d'examens, et rien de rien, ils n'ont rien trouvé. Le lendemain c'était fini.

 

On a enfin pu se blottir à trois dans le lit et profiter de notre Ventouse sereinement. Au calme, sans perfusion, sans prise de sang, sans remarque désobligeante, sans pesée, sans blouse blanche.

 

Enfin.

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 08:47

Mon homme mon Diego a assisté à l'accouchement du début à la fin.

 

Mon beau-père n'a assisté à aucun accouchement de sa femme. Il travaillait pour ses deux premiers enfants, il a tenu a garder les deux grands lors de la naissance du dernier. Ma belle-mère m'a dit que c'était pas grave.

 

Je ne sais pas comment elle a fait.

 

On entend souvent que la société met une grosse pression sur les papas pour qu'ils assistent à l'accouchement. C'est sans doute vrai.

 

La pression, je l'ai mise toute seule. Je n'arrivais (et j'arrive toujours pas !) à concevoir le début du commencement d'un soupçon de l'idée même de la pensée d'accoucher seule, sans mon homme.

 

Je voulais qu'il soit là, à coté. Pas dans le couloir, pas sur le parking, bon pas devant ma fouf' non plus, mais là, à côté. Sa main que je peux serrer, son regard que je peux croiser, sa voix que je connais, ce passé que l'on partage.

 

Dans la vie je suis quelqu'un de compréhensif, je pense être ouverte (d'autant plus pour accoucher huhu), tolérante. Diego m'engueule souvent car je trouve toujours des excuses aux gens pour expliquer leur comportement.

 

Mais pour ça, je n'ai pas réussi.

 

Si DIego avait refusé de m'accompagner lors de l'accouchement, je ne lui aurais jamais pardonné. Ça aurait cassé quelque chose dans notre couple.

 

L'enfant, on le fait à deux. C'est bibi qui le porte, c'est bibi qui accouche, ok c'est dans le contrat, pas le choix. Mais j'estime que la moindre des choses c'est qu'il me soutienne dans ce moment si intense et loin d'être facile qu'est l'accouchement.

 

Je conçois qu'un accouchement, c'est dur aussi pour un homme. Il nous voit avoir mal, il ne sait pas comment nous soulager, comment être utile, comment aider concrètement. Il peut aussi avoir peur du milieu médical.

 

Je ne dis pas qu'accompagner sa femme qui accouche, c'est finger in ze nose. C'est pour le père aussi une épreuve, même si aucun orifice ne se fait défoncer au final.

 

Je suis totalement extrêmiste sur le sujet, mais j'assume. SI la mère a besoin de la présence de son homme, ce dernier doit tout faire pour être là. Au moins essayer, tout donner.

 

On me dit dans l'oreillette que l'homme aussi a ses limites, qu'on doit les respecter. Oui mais et mes limites à moi, celle qui accouche ? J'avais ce besoin viscéral de sa présence. Pas ma mère, pas ma soeur, pas ma SF (putain elle parle trop fort), pas Patrick Sébastien, LUI. Qui va respecter ça ? J'aurais potentiellement dû me passer de lui pour respecter ses craintes, mais et mes craintes à moi, CELLE QUI ACCOUCHE ?

 

Je suis peut-être égocentrique, mais là bordel, c'est bibi qui donne la vie, je pense que demander à être au coeur des attentions c'est pas faire un caprice, c'est juste NORMAL.

 

Oui je le dis, je pense que respecter mes besoins à moi c'est plus important que respecter ceux du papa pendant cet évènement.

 

T'as vu je plaisante pas là.

 

Et pourtant c'est dingue je me reconnais pas à dire ça, c'est pas moi dans les autres aspects de la vie.

 

Mais c'est ce que je pense pour un accouchement.

 

Bien évidemment, pour celles à qui ça va d'accoucher sans leur homme, pas de soucis hein.

 

Mais celles qui doivent affronter ça...je ne sais pas comment elles font. Elles font, elles n'ont pas le choix. Mais ça doit être difficile.

 

Si Diego avait refusé d'être là, j'aurais ressenti ça comme un abandon, ûn lâche abandon. Et je me serais beaucoup questionnée pour la suite : et si le bébé pleure, que je suis à deux tétons du burn out, mais que lui les pleurs c'est pas son truc, ça le stresse, il se sent dépassé ? Je dois donc continuer seule ? Gérer seule ? Etre un parent seule ?

 

Je crois, oui, que je l'aurais jugé sur ses capacités à être un père présent s'il s'était défilé. Alors que bon, c'est à mon avis pas si simple, c'est pas parce qu'on refuse d'être là à l'accouchement qu'on est un mauvais père (quoique pour mon beau-père ça se confirme...intéressant...) ! Mais ça m'aurait questionné...

 

Tu l'auras compris, je suis très chatouilleuse sur le sujet, l'absence du papa est pour moi inconcevable.

 

Et toi, comment ça s'est passé ? T'es aussi tendue du slip que moi là-dessus ?

 

Douce pensée pour Lacrymosa qui a vu son conjoint partir alors qu'elle avait besoin de lui, qu'elle voulait qu'il soit là.

 

J'espère que tu trouveras un accompagnant pour ton deuxième accouchement, que tu seras sereine...

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 10:20

J'ai le bourdon Lucienne. Le genre de bourdon qui te fait pleurer en silence sous ta couette. Dans 3 semaines exactement, je serai au travail. Hier, j'ai pas arrêté d'y penser, me projettant dans 3 dimanche... Et j'ai chialé comme une merde dans mon oreiller.

 

Ça fera presque 9 mois que je ne suis pas retournée au travail. Et je n'y ai carrément pas pensé. J'ai donné des nouvelles aux collègues, mais j'ai pas pensé DU TOUT à mon quotidien au bureau.

 

Je le savais que ça serait dur, je l'ai toujours su. Mes collègues me disaient "oh tu verras sur la fin tu auras hâte de revenir, tu en auras marre d'être à la maison."

 

Ben non. Pas marre. Pas marre du tout. Dire ça c'est so 1953, j'ai l'air de pisser sur les féministes, limite si je demande pas à ce qu'on m'ôte le droit de vote diraient certaines.

 

Mais j'aime être à la maison. Bon j'avoue, sauf 2/3 fois où ma Ventouse était ingérable. Mais globalement, j'aime le rôle de maman au foyer. J'aime la petite routine du quotidien.

 

J'aime ses petits arheu du matin, l'air de dire "coucou je suis réveillééééééé".

 

J'aime notre moment au lit le matin où je sors du coma me réveille doucement.

 

J'aime pouvoir prendre mon temps pour l'habiller. On fait un remake de Pretty Woman.

 

J'aime ne pas stresser pour la quantité de lait.

 

J'aime prendre le temps qu'il faut pour l'endormir.

 

J'aime notre petite balade quotidienne en écharpe.

 

J'aime les calins et les bisous dans le cou QUAND JE VEUX.

 

J'aime quand Diego rentre, qu'elle tourne la tête vers la porte, que je dis "oh c'est quiiiiiiii ?", et qu'elle fait un grand sourire.

 

J'aime avoir vu son premier prout avec la bouche, la première fois qu'elle a levé sa tête en étant sur le ventre, sa première pirouette rotation ventre-dos.

 

(Tu auras remarqué, je ne dis pas que j'aime préparer des bons petits plats pour mon homme. Faut pas déconner, c'est lui qui fait la popote en rentrant le soir. Ça gère ou bien ?)

 

Alors je sais, la laisser chez une nounou c'est pas exactement comme l'abandonner, mais je crois que ça j'arriverai à me le dire qu'au bout de quelques semaines de garde, quand le rythme sera pris. Là j'ai juste l'impression de lui dire "ma chérie, je peux plus t'avoir avec moi la journée alors tu vas rester avec une inconnue ok ? Ah bah même si t'es pas ok t'as pas le choix en fait."

 

Je me pose mille questions un tantinet débiles :

 

Comment on fait pour réveiller un bébé ? Ça va pas la rendre genre hyper grognon (peut-on l'en blâmer ?)

 

Et si elle n'arrive pas à s'endormir chez la nounou ?

 

Et si elle refuse le biberon là-bas ?

 

Et si elle m'oublie ?

 

Et si elle finit par croire que c'est l'ass mat sa mère ?

 

Et si elle pleure à s'en déchirer les poumons une fois que j'ai franchi la porte ?

 

Et si elle s'en fout mais totalement ?

 

Je vais survivre avec en moyenne 2h de moins de sommeil nuital ?

 

J'arrive pas à ma raisonner, je sais que ça va être chouette pour elle, il y aura une autre petite fille, la nounou nous parait fort bien, elle partage les mêmes conceptions éducatives que nous. Et puis ma Ventouse est du genre sociable, elle aime bien voir des gens, et être dans les bras des autres ne l'a jamais dérangée.

 

Oui mais ça fait presque 6 mois que à part pour dormir, je suis toujours près d'elle, alors ça me fait mal à mon pti coeur de maman.

 

Putain mais merde, des millions de mamans font ça, ça doit donc être possible sans avoir besoin d'un soutien psychologique non ?

 

Quand je pleurais comme une fillette hier soir, j'avais envie d'un moment tendre avec ma fille, j'avais envie qu'elle se réveille. Et pouf, à 1h30 elle s'est réveillée, alors que c'est hyper rare ! La tétée fut géniale. Elle a dû me prendre pour une tarée finie car je disais des grosses niaiseries avec l'oeil humide alors que d'habitude si elle se réveille je l'allaite en fixant un point au sol sans mot dire.

 

Je vais pas te mentir Lucienne, j'ai la lèvre du bas qui tremble un peu...

 

Tu veux bien me tenir la main ?

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 08:02

On est amie depuis l'enfance. Soit quand même plus de 20 ans. On vit loin l'une de l'autre, mais on reste en contact.

 

Perso si je vois pas les gens, bwarf au bout d'un moment faut pas se leurrer, chacun sa vie, chacun son quotidien, chacun ses marrades, chacun ses merdes. On s'appelle pour les anniv, les grosses bonnes nouvelles, les grosses mauvaises nouvelles, pis basta.

 

Oui mais pas avec elle. On s'appelle très régulièrement. On est similaires sur beaucoup de points, et complémentaires sur d'autres. De mémoire, je crois qu'on s'est jamais enguelées...même gamine, même pour des conneries.

 

Le genre d'amitié où on se dit c'est pour la vie, nos mecs c'est statistique crèveront avant nous, alors on s'achètera une maison en Bretagne et on finira de vieillir ensemble en regardant l'océan et en sirotant du cidre fermier qui sent un peu la merde.

 

On est tombé enceinte presque en même temps, sans le faire exprès, même si chacune savait que l'autre était "en essai".

 

Moi quand je gerbais non stop, quand j'étais au fin fond du trou, elle pétait le feu.

 

J'étais si jalouse.

 

Moi j'appréhendais déjà le futur avec la belle famille de timbrés que je me coltine. La sienne est pas non plus une glace vanille-pécan, mais rien de comparable, pas de gros stress en vue.

 

J'étais si jalouse.

 

On allait passer notre première écho officielle à un jour d'intervalle.

 

Et puis un message, quelques jours avant cette date : "j'ai fait une fausse couche, s'il te plait ne m'appelle pas."

 

Que dire ? Que faire ? Et y-a t-il quelque chose à dire ? A faire ?

 

1000 questions, peu de réponses, une envie d'être là, mais comment ? Je suis l'amie, mais je suis aussi la femme enceinte, celle qui lui rappellera TOUJOURS ce qu'elle a perdu.

 

Elle a quand même continué à prendre des nouvelles de ma grossesse. J'ai trouvé ça admirable je sais pas si j'aurais pu faire pareil.

 

Mais que lui dire ? Où s'arrêter dans les informations ? Je lui dis, que je le sens bouger ? Je lui dis, que je commence à marcher comme un canard ? Je lui dis que j'ai trouvé un super pyjama sooo chouppy ?

 

Elle avait toujours un ton enjoué au téléphone...mais que se passait-il une fois raccroché ?

 

Alors j'ai fait comme j'ai pu, je pense avoir été assez discrète à certains moments, bien maladroite à d'autres...

 

Comment aborder concrètement  la question de la fausse couche ? Faut-il l'aborder ou laisser la personne en parler d'elle-même ?

 

Mon amie m'en a parlé au début, puis plus rien. Plus rien du tout.  Je sais qu'ils essaient d'avoir un autre bébé, pour le moment sans succès.

 

Je lui ai déjà dit à plusieurs reprises qu'elle pouvait m'en parler si elle le souhaite. Elle n'a jamais relevé, et n'aborde plus le sujet.

 

Nous nous téléphonons de moins en moins depuis la fausse couche.

 

Je lui souhaite de retomber enceinte, si fort.

 

Moi j'ai eu mon bébé, et il grandit près de moi. Je ne m'en excuse pas, je ne suis pas désolée de l'avoir mais je sais la chance que j'ai.

 

Je ne suis plus jalouse.

 

 

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J'aime la charcuterie, le moelleux, l'odeur de l'eau de rose et notre maison même si là elle ressemble à rien avec les travaux.
Mais surtout j'ai une petite fille née en juillet 2011. Quand même.
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