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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 08:06

C'est une question qui préoccupe fortement tout parent, et surtout toute mère : bon mais une fois né, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir lui mettre à ce petiot ? Nan car il ne peut point errer cul nul ad vitam eternam. (Ça, seul certains adultes mâles devraient être OBLIGES de le faire. Genre le mec de la pub de parfum là. Mais si tu sais très bien. Pas "Bleu Chanel" hein, déjà je comprends qua dalle à cte pub) (c'est quoi ces panneaux qui tombent tous en même temps ? Et pourquoi il est mi fier de lui mi énervé ?) 

 

La première fringue, c'est la première fringue quoi. Limite ça va déterminer A VIE son potentiel de winner ou de looseur. Cette tenue sera prise et reprise en photo. Et ensuite elle ira dans la boite à souvenirs que tu as constitué, toute pleine de niaiserie que tu es.

 

geddes.jpg Nan mais Anne Geddes des fois c'est mignon mais là....Anne,  on est entre nous, tu peux avoir confiance. Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu sais à quoi tu viens de condamner cet enfant ? Tu veux en parler ?

 

Dans la boite à souvenirs de la Ventouse, il y a son bonnet mis juste après sa naissance. Son bracelet, qui n'a d'ailleurs jamais été mis autour de son poignet et que si ça se trouve, c'est pas ma gosse. En même temps on la reconnaissait c'était le plus petit bébé de la mater. Et aussi je la lachais pas. Mais quand même, trop de téléfilms M6 ingurgités en fin de grossesse ont fait que j'ai longtemps eu un pti doute sur le fait qu'elle ne soit pas à moi car merde, on lui a pas mis son bracelet quoi.

 

Bref il y a aussi la pince de son cordon, une couche (propre) et un body pour voir la petitesse de son être. Et, bien sûr, le Cosmo de juillet. Dans 20 ans elle pourra pouffer grassement devant ce qu'on lui disait d'acheter pour être baisable. Je t'avoue que je pouffais déjà grassement lors de ma première lecture tellement on essaie de nous refourguer des trucs hideux qui coûtent autant que le premier tampon de Rihanna. 

 

J'ai erré longtemps à la recherche du premier pyjama. Et j'ai trouvé.

 

Chacun ses goûts bien sûr, mais je voulais quelque chose de sobre, joli. J'aime le "classique", limite prout prout. mamie du 16e Je trouve les vêtements pour bébé avec Disney, Hello Kitty, Dora ou n'importe quelle autre connasse purement gerbatoire. On m'en a offert des fringues avec ça, ben c'est simple je lui ai jamais mis. Hors de question.

 

J'aime pas non plus les textes genre "plus beau bébé du monde" ; "50 % maman, 50 % papa, 100 % mignon" ; "J'♥ les bisous"....raaaaaah pas çaaaaaaaaaaa.

 

berlingot.jpg

  Bieeeeeeeeen

 

 

kitty.jpg

  Pas bien. Soyons sérieux.

 

terrible.jpg

Arg donnez-moi la bassine je vais gerber. 

 

J'ai hésité entre plusieurs, j'ai fait une pré sélection, et le Diego a désigné le vainqueur. Enfin LES vainqueurs car on avait pris en deux tailles : naissance et 1 mois (voui si tu veux on nous prédisait un bébé modèle classique d'au moins 3.5 kg, avec un père de 2 mètres de taille de corps, on s'est tout dit sauf que ça serait un pti corps tout pitit pitit).

 

Et là, je suis pétrie de honte, car je suis incapable de me rappeler la tronche des pyjamas choisis. Mais ils étaient beaux hein.

 

Au final, jeudi 7 juillet 2011, genre vers 8h, quand elle a été pesée, que le verdict des 2.5 kg a été rendu, il a fallu l'habiller.

 

Et là comment te dire...le baggy à peine né, ça le fait pas vraiment. Elle ressemblait à rien mais d'une force. Pour que les pieds du pyj adhèrent un minimum, on a mis des chaussettes par dessus. Et puis un gilet pour la partie haute du corps

 

Je serais pas contre le fait de divulguer sa figure (bien que certaines d'entre vous l'aient vue huuuuuuuuuuuuuuuuu), ben je te la divulguerais...mais je suis contre.

 

Elle ressemblait à une romano. Oublie le bébé paisible dans son habit trop classe. Elle était, on peut le dire, total en vrac.

 

C'est quand même un truc de dingue, car si tu veux (je sais pas si t'auras remarqué, tu me diras du coup), mais je ne suis pas tellement quelqu'un de classe.

 

L'après midi de sa naissance, je me suis baladée dans les couloirs de la mater en chemise de nuit avec un drap noué autour des hanches. Pourquoi ? Car ma chemise de nuit était trop courte, quand je me penchais sur ma Ventouse en salle de soins (et elle en a eu beaucoup, tout ça à cause de son petit poids) (fucking pédiatre je vais te retrouver pour te saigner toi aussi) (oui, la Ventouse a eu une saignée), on voyait ma culotte avec sa "garniture" qui sortait à moitié.

 

Classe.

 

Dans un élan de pitié générosité, une aide soignante m'a tendue un drap pour que je sois "plus à l'aise". Et je l'ai gardé toute la journée au lieu tout simplement d'aller passer un fut'. Pour ma défense, j'avais autre chose à penser.

 

Donc voilà, on était bien assemblées toutes deux, mère et fille, deux nanas sans aucune classe, mais avec un grand respect pour la notion de vautrage sur un espace moelleux. Et ça, c'est important.

 

Du coup note à moi même : la prochaine fois, prends aussi du taille préma. En toute logique, ça devrait dire que je vais te sortir un gaillard de 4.7 kg.

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 08:18

A la demande générale de trois personnes, je vais t'expliquer pourquoi je ne l'ai pas fait, ce fichu test.

 

Je vais planter le décor : je me suis avant même de tomber enceinte, beaucoup investie dans ma (future) grossesse. A dire vrai, surtout sur la partie accouchement.

 

Pour ça, je me suis informée. Via diverses sources : bouquins, sites internet, témoignages...J'ai même lu sur l'Histoire de l'Obstrétrique, car en regardant le passé, on comprend parfois mieux le présent (putain je vais devenir aussi chiante qu'Arte à 23h50).

 

Je suis mais à des milliards de kilomètres d'en savoir autant qu'une sage femme et je n'ai d'ailleurs pas la prétention que c'est le cas. Toutefois, oui, sans me la péter, je peux dire que je sais des choses sur certains sujets que certaines personnes ignorent. Pas parce qu'elles sont complètement connes, mais juste car l'info, elle est parfois difficile à trouver et surtout, ce n'est pas forcément celle qui est dite de prime abord. Faut fouiller.

 

L'Obstétrique, sur certaines facettes, c'est mon dada. C'est un sujet qui m'intéresse et même si, je le répète, je n'ai pas fait les études me permettant...comment dire...ben de tout savoir de A à Z, ça ne m'empêche pas d'avoir un avis sur la question, avis que je tâchais de me faire sur divers points au fil de ma grossesse grâce à l'information. 

 

Après pas mal de semaines, des mois même, de lectures, j'ai fait un constat, sur lequel je ne reviendrai absolument pas, même si on me privait de sauciflard (tu noteras ma conviction) : en France, la culture obstrétricale est, sur bon nombre de points, totalement absurde.

 

Oui, un accouchement et une grossesse, c'est pas anodin. Oui, ça mérite une surveillance. Oui, ça peut mal tourner, et oui, chaque jour, des mères et des enfants sont sauvés grâce à des interventions médicales. 

 

Mais ce que j'ai pu constater aussi, c'est que quand la médecine intervient alors qu'on n'avait pas besoin d'elle, on obtient souvent justement ce qu'on cherchait à éviter. Et que malheureusement en France, la culture obstétricale veut qu'elle intervienne.

 

Pour reprendre les termes d'un membre du Collectif Interassociatif Autour de la Naissance (CIANE) à propos de l'accouchement, c'est comme un bateau qui prendrait l'eau : au lieu de chercher à comprendre pourquoi il prend l'eau, on invente des machines qui écopent....Au lieu de remettre en cause certaines pratiques systématiques et iatrogènes, on empile protocole rigide sur protocole rigide.

 

Voilà pour le décor, je te jure j'ai hyper du mal à faire court, pardon.

 

Du coup avec tout ça, j'ai du mal à faire confiance et j'exige de savoir où je mets les pieds avant qu'on me fasse faire un truc (euh, t'égares pas hein, je te parle pas cul là).

 

Tu l'auras pigé, je ne voulais donc pas d'une grossesse et d'un accouchement médicalisés, dans la mesure où tout allait bien (oui je précise car t'as toujours des relous qui te sortent "han mais en gros si ton bébé va pas bien vu que tu veux pas médicaliser tu le laisses crever tu t'en fous c'est ça ?"

 

Pas de bol pour bibi, paf toxo positive, on bascule inévitablement dans le médical. Là don't worry, je vais pas te refaire l'histoire, ça a été chaud, on s'en est sorti niquel.

 

Nous arrivons au moment fatidique de la grossesse où le test du diabète gesta (DG pour les intimes) se fait, c'est à dire entre 24 et 28 SA. A ce moment là, on venait de clore le chapitre toxo, on venait de refuser une amniocentèse, tout ça avait été rude. J'avais besoin de calme, je voulais plus voir personne, on m'aurait proposé de rester dans une grotte jusqu'à la fin, j'aurais dit tope là.

 

Lors du dernier point toxo, le gyneco de ma mater me prescrit le test. Je lui demande quelles en seront les conséquences. Il me sort un schéma affiché derrière son bureau. De tel taux à tel taux : régime. De tel taux à tel taux : dextro 6 fois par jour + insuline. De tel taux à tel taux : déclenchement de l'accouchement.

 

Je reste calme mais au fond de moi je suis en panique totale. Heureusement, ce gyneco dans un sourire me fait "tenez, comme ça si vous choisissez de le faire, vous aurez l'ordonnance." Ouf, c'est vrai, c'est à moi de choisir.

 

des.jpg

 Ce dé n'est bien évidemment pas adapté à la question "tu prends l'apéro ?", puisqu'il laisse la place au doute.

 

 

Dans mes lectures, j'étais souvent tombée sur le DG, c'est un test assez controversé, certains gyneco ou SF sont d'ailleurs contre la prescription en systématique. Ma copine qui a pourtant accouché dans une clinique ultra médicalisée, on ne lui en a même pas parlé, de ce test ! 

 

Qu'est-ce qui me faisait peur ?

 

C'est tout simplement le manque de fiabilité du test. Pas le résultat en lui même (qui visiblement est fiable), mais l'interprétation qui en est faite ensuite. En effet, il n'y a aucune homogénéité dans l'attitude adoptée face à un résultat. C'est à dire que pour un taux donné, un gyneco te dira que c'est OK, pas de problème madame tout va bien, un autre te dira qu'un pti régime suffit, un autre te dira qu'il faut déclencher ton accouchement.

 

D'un pays à l'autre, avec le même protocole pour le diagnostic, une femme est considérée comme faisant du DG...ou pas. Et le test est fait...ou pas.

 

Alors merde, un problème médical c'est un FAIT, un diagnostic, un vrai, avec des poils et tout et tout. Je ne veux pas que ma grossesse/mon accouchement vire dans le pathologique juste pour des raisons d'interprétation. Je ne veux pas de cette loterie.

 

Je décide donc de m'informer. Dans des bouquins sur la grossesse que j'ai, via d'autres personnes ayant lu sur le sujet, et surtout je me rends sur le site du Collège National des Gynecologues et Obstétriciens Français (CNGOF).

 

J'avais lu un rapport de la Haute Atorité de Santé datant de 2005, où en gros, ils disaient qu'on savait pas grand chose du DG, que rien ne prouvait le lien entre le DG et les complications qui lui sont attribuées, et rien ne prouvait que les préconisations/traitements administrés à la mère avaient un effet sur le DG...fun hein ? (je te file le pdf sans soucis)

 

Mais, je suis d'accord, 2005 c'est loin. J'ai donc trouvé plus récent : des préconisations du CNGOF datant de décembre 2010 (je suis tombée enceinte en octobre 2010). Un des buts de ce document est d'uniformiser le diagnostic de DG, y compris entre les pays. Comme ça tout le monde est supposé se baser sur un même taux pour dire qu'il y a DG, merde.

 

Enfin ça, c'est la théorie, car bon après, faut que les gynecos se mettent à la page, et le veulent bien. 

 

Je mate l'ordonnance...hum hum, je vois que le gyneco m'a prescrit le O'Sullivan. C'est à dire ingérer 50 gr de glucose, on attend une heure, et ingestion de 100 gr de glucose si résultat pas tip top. Or, d'après les récentes études, ben bouh aux chiottes le O'Sullivan, il n'est pas hyper fiable.  C'est le HPGO en une fois, avec 75 gr de glucose, qui est recommandé. Mais bon, admettons. 

 

On parle de DG quand glycémie à jeun sup ou égale à 0,92 g/l et/ou glycémie 1 heure après une charge orale de 75 g de glucose sup ou égale à 1,80 g/l  et/ou glycémie 2 heures après la charge sur ou égale 1,53 g/l. (ouais j'ai fait un copié collé qui pue) 

      

J'ai lu le document, plusieurs fois. On en a discuté avec Diego. On n'était pas sûr. J'avais franchement peur qu'on me découvre une pathologie devant être traitée pour mon gyneco, mais que si ça se trouve, lus par quelqu'un d'autre, ces résultats auraient été interprétés comme normaux.

 

Faire un régime, me piquer avant et après chaque repas, ne pas pouvoir boulotter un fruit, et ô chenille sur la pampa, se faire potentiellement déclencher...je dis YES, je fais tout ça s'il y a une pathologie averrée. Mais faire ça pour rien, non, non, non, non, non, non, et re non. 

 

Sans compter que je suis pas hyper convaincue que se prendre une dose massive de glucose, ça soit hyper bon. Certaines y réagissent très violemment quand même. 

 

En même temps je suis pas non plus une grosse débile, je ne voulais pas passer à côté d'un truc.

 

On a tout repris point par point. Que dit le document ? Qu'il y a des populations à risque. En fais-je partie ? Non.

 

On lit par ailleurs que le risque principal est la macrosomie. La macrosomie ne me fait pas peur. Parce que les positions d'accouchement jouent beaucoup sur la dystocie des épaules. Un gros bébé, ça me fait pas peur. Pour l'anecdote, ma frangine avec son 1 m 60 et des petites hanches, ben elle a accouché d'un beau gaillard de plus de 5 kg. Accouchement physio, même pas une déchirure. Et pas de DG, elle avait le test, elle.

 

Et tiens pendant que j'y suis, le CNGOF rappelle que la radiopelvimétrie, ben ça vaut que dalle pour évaluer si le bébé "passe."

 

Pour les autres risques, rien n'est vraiment démontré.

 

Contrairement à 2005, le document dit que les traitements ont une incidence positive notamment sur la macrosomie.

 

Le document insiste à plusieurs reprises sur un point crucial : ce qui est surtout dangereux, c'est quand la mère avant la grossesse est atteinte de diabète de type 2 sans le savoir, et que ce diabète se révèle lors de la grossesse.

 

Or, ben coup de bol, un peu avant la grossesse, lors d'un bilan de santé, on a justement contrôlé un hypothétique diabète. Et rien, nada. J'ai du coup glissé ce résultat dans mon dossier de grossesse.

 

Et ya aucun mais alors aucun diabétique dans ma famille. Par contre des alcoolo y'en a. (T'y crois toi ?) 

 

C'est sur ce point qu'avec Diego, on a fait notre choix : celui de ne pas faire le test.  

 

Rendez-vous chez la SF libérale. Elle me demande si j'ai fait le test.

 

" - Non.

- Non vous ne l'avez pas encore fait, ou non vous ne comptez pas le faire ?

- Je ne compte pas le faire.

- AH AH. Ça m'étonne pas de vous tient ! Bon, en même temps, franchement en ce qui vous concerne, j'en vois pas la nécessité non plus..."

 

Ah ben siouper alors !  

 

Au 8e mois de grossesse, j'ai revu le gyneco de la mater. Il me demande aussi si je l'ai fait. En lui donnant ma réponse, il hoche de la tête. "Oui, en effet je comprends...dans votre cas il n'y a aucune lumière rouge qui s'allume, vous ne faites pas partie de la population à risque...quel poids le bébé à la dernière écho ? Ah oui, oh ben oui en effet, pas de soucis." 

 

Avec Diego on s'attendait à devoir argumenter à fond, ben même pas.

 

En ce qui me concerne, c'est surtout le fait de savoir que j'étais pas diabétique avant qui a fini de me convaincre. Sans cet élément, ptet que je l'aurais fait... J'en sais rien. Mais je pense que non quand même. 

 

Voilà c'était notre choix à nous, il aurait peut-être été différent dans d'autres circonstances, avec d'autres données, avec une plus grande confiance dans le corps médical aussi.

 

Je demande pas aux gens de nous comprendre, on a laissé tomber cette idée depuis un bail, depuis que j'ai dit que je voulais pas de la péridurale alors bon... Mais voilà, je peux te dire que ce test n'est pas une obligation, et que d'ailleurs RIEN n'est obligatoire, c'est à toi de faire tes choix avec la fameuse balance bénéfices/risques, avec ton caractère, tes souhaits, tes peurs, ton parcours, 'fin bref avec ce que tu sais et qui tu es.

 

Sinon pour info, on me prédisait un beau bébé dans la norme de chez norme, 3.6 kg, et puis au final, 2.5 kg hein. Vos estimations vous savez où vous pouvez vous les mettre les mecs ?

 

Bon au moins pour des grossesses futures, pour sûr on viendra pas me dire que j'ai fait du DG sans avoir été traitée, tarée que je suis.

 

 

 

 

 

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 09:12

Je sais pas ce que j'ai cette semaine à te gonfler avec l'obstétrique. Pourtant j'ai pas mes règles. Et à mon avis elles vont pas revenir tout dsuite tout dsuite.

 

Si tu me lis depuis un moment, t'auras compris que j'aime pas trop la médicalisation de la grossesse et de l'accouchement, sauf bien sûr s'il y a une pathologie je suis pas complètement buse non plus.

 

Concernant le déclenchement...ah vaste sujet. Sensible.

 

C'est une pratique médicale. Je suis à 100 % pour si elle est justifiée médicalement, si elle peut (et va) sauver la vie de mummy and baby.

 

Ce qui me rend chafouin, ce sont les déclenchements de convenance que ce soit de la part des parents ou du gyneco. J'ai une copine, à 10 jours de son terme (grossesse normale, zen), sa gyneco lui sort, sans intro, à sec "bon ben on vous déclenche cette après-midi ?"

Ma copine a pas trop pigé. Et sa gyneco enquille "ben oui, je pars dans une semaine en vacances, c'est quand même mieux si c'est moi qui vous accouche non ?"

 

Ma copine a répondu que non. Elle a accouché sans sa gyneco, et ma foi elle n'était pas du tout indispensable malgré ce qu'elle semblait faire croire la morue.

 

Les déclenchements stricto sensu pour dépassement de terme m'énervent aussi passablement. Attention je sais bien que trop dépasser le terme c'est pas glop. Une surveillance accrue, je dis oui. Un déclenchement à partir de J+1 juste car ayé ma bonne dame le terme THEORIQUE est dépassé, je dis non.

 

C'était une de mes angoisses d'ailleurs : dépasser le terme. Et puis ma Ventouse, peinarde, elle a joué la carte du suspense et elle est née le jour J, le jour du terme, le 7 juillet. Merci ma fille.

 

Mais si je viens te causer aujourd'hui, c'est parce que j'ai trouvé le type le plus gerbant de la planète. J'avais chopé son site peu après avoir accouché, m'en suis souvenue l'autre jour.

 

Je te présente Dr P.

 

Dr P. Exerce à Moscou, en tant que chef du Département de gynécologie et de PMA d'un grand centre médical. On est désolée pour les femmes vivant là-bas et tombant entre ses mains de boucher. Toutefois on lui serait reconnaissante de ne JAMAIS revenir en France. Et encore plus de cesser son activité professionnelle.

 

Ce brave homme a créé un site internet pour le grand public et les professionnels. Il y aborde de nombreuses thématiques autour bien sûr de l'obstétrique (en même temps il va pas te parler posage de douche italienne. Quoiqu'il serait peut-être moins mauvais.). Il parle du cancer du sein, de la PMA, de la grossesse, de la gynecologie médicale, de la chirurgie gynécologique.

 

Je farfouille vite fait, son site est design, il semble fort sympathique. Et je tombe sur une partie consacrée au déclenchement, plus exactement à "la programmation de l'accouchement".

 

Rien qu'à commencer à te retranscrire ses propos, je te jure j'ai le palpitant qui...euh ben qui palpite. Mais vachement fort quand même.

 

T'es assise ? Tu n'es pas trop en hauteur ?

 

Pour ce Docteur, la programmation de TOUT accouchement est une grande avancée permettant d'assurer la sécurité materno-infantile. Il faut selon lui systématiser ce système.

 

Ce monsieur a constaté que la meilleure période pour naitre c'est entre 39,5 et 40 SA. Point. Donc qu'est-ce qu'on se fait chier, on programme les naissances pour ces jours là. Point.

 

Bien entendu il faut que le col soit mûr et (quand même) que la parturiente donne son accord.

 

Mais alors, comment qu'on fait pour obtenir son accord, à cte conne qui n'y connait rien ?

 

Là, rien qu'à la lecture, tu sens que le mec, c'est une araignée qui tisse sa toile dès le début de la grossesse. Il précise qu'il faut être patient, préparer la femme à cette idée de programmation dès le début, et le lui répéter à chaque rendez-vous pour lui faire rentrer ce qui l'attend dans le crâne. Bien entendu, il faudra que chaque interlocuteur membre du personnel soignant adhère à ça, et lui en parle aussi, pour que la femme ne voit aucune faille, et qu'elle adhère.

 

Est-ce que comme moi tu visualises un mec avec la tête rentrée dans les épaules, des petits yeux, et qui se frotte les mains ?

 

Concernant la maturité du col, normalement il existe un indicateur, appelé score de Bishop, qui permet de conclure si un col est mûr ou pas, en prenant en compte 5 points précis (dilatation, effacement, consistance, position du col et hauteur de présentation du foetus).

 

Et ben le mec, la main dans le calfouet, il te sort que naaan, ils sont relou avec leur score là, que ya surtout 2 points à prendre en compte, le reste c'est de la déco. Comme quand t'es sur marmiton, que tu as ta putain de recette de quiche au saumon, et que tu décides qu'en fait, le saumon c'est too much. 

 

Ensuite le Docteur dit qu'il faut donc dès la 38e semaine voir la femme hyper souvent, tous les 2 jours s'il le faut, jusqu'à ce qu'un déclenchement soit possible. Que ça puisse être un tantinet angoissant, difficile à organiser, et même tout simplement chiant, ça l'effleure pas. La femme n'est qu'un bocal à foetus.

 

Et là dedans, il nous tape un spleen (là je vous mets la phrase c'est même pas la peine de reformuler) "Bien évidemment, il peut arriver au cours de cette période de surveillance que le travail se mette spontanément en route. Les patientes doivent en être averties. On peut considérer que c’est dommage, mais cela est inévitable. "

 

Mon dieu l'accouchement peut se mettre en route NATURELLEMENT ? Je veux dire...sans lui ? Ah oui faut prévenir que cette immondice est possible pour pas que la mère te fasse une dépression de derrière les fagots. C'est important de la préparer psychologiquement.

 

Ensuite il nous décrit étape par étape le déclenchement. Bien entendu il ne parait pas concevoir qu'il n'y ait pas de péri. En même temps dans ces conditions, la péri je la prendrais direct.

 

Tout pareil : monitoring en continu, comme dans tout accouchement qu'il dit (heu, ben désolée, bibi c'était en discontinu. Dans ta face raclure).

 

Il choisit ensuite de nous démontrer les avantages à programmer l'accouchement.

 

1) Avantages médicaux

 

Ben en gros c'est qu'on maitrise soi-disant tout, qu'on évite bien sûr les pathologies liées à un dépassement de terme trop grand. Beh oui c'est sûr si tout le monde accouche avant, ya plus de dépassement de terme. En même temps si tu déclenche le monde entier à 40 SA, est-ce que tu crées pas un nouveau terme ?

 

Et puis la surveillance est optimale pendant l'accouchement. Fini les accouchements inopinés à la maison (quelle horreur !) ou dans la voiture !

 

Fini les accouchements avec une équipe médicale cernée ! On programme le jour !

 

Fini de faire venir un anesthésiste claqué parce qu'il s'est tapé une pute au lieu de pioncer !

 

Fini de faire venir l'anesthésiste en urgence alors qu'il était peinard en train de se taper une pute !

 

2) Avantages psy

 

La patiente, elle est reposée, elle sait ce qui l'attend (mais bien sûr), elle est vidée grâce à un lavement et elle est a jeun c'est trop la fête pour elle, elle donne naissance avec la reconnaissance éternelle de se faire accoucher par le gyneco qui a suivi toute sa grossesse.

 

3) Avantages pour l'organisation

 

Les parents peuvent faire garder leurs premiers foetus enfants, le papa est sûr d'être là. Quant au personnel, c'est du déjà dit, ils font des horaires de bureau et donc, c'est bien connu, "sont plus aimables"

A titre personnel j'ai passé la nuit à accoucher, ben la SF et l'aide soignante étaient grave aimables mais bon.

 

Bon, et les inconvénients ?

 

Ben déjà, le premier à citer hein, c'est que c'est un peu bordel à organiser, avec tout ça les salles seraient pleines le matin mais vides le soir. Comme les femmes en fait, c'est marrant ça.

Niveau rentabilité c'est pas top puisqu'elles ne serviront pas toute la journée. (Je te parle des salles là, pas des femmes. Quoiqu'en cherchant, y'aurait bien un truc à en tirer, de ces utérus évidés. Moi je dis, on les épisiotomise toutes jusqu'à l'anus, comme ça ça occupe le personnel, faut recoudre). Le Dr P semble en être affecté, de cette histoire de rentabilité, mais pour le bien des femmes, il baisse les armes  "Serait-ce le prix à payer pour améliorer la sécurité de l’accouchement ?"

 

Oh ben oui, le seul prix à payer là, dans tout son délire, c'est que les salles d'accouchement ne seront pas à leur taux maximal de remplissage. Le SEUL prix.

 

Et ensuite quand même, il dit qu'un déclenchement, bon c'est pas anodin et faut être sérieux les mecs, faut pas faire ça par dessus la jambe quoi. Sinon ça part en couille.

 

 Enfin, Le doc conclue :

 

"Le lecteur non averti risque de penser que la programmation de l’accouchement, telle que nous venons de la décrire, est une méthode aisée à appliquer, puisqu’il ne s’agit finalement que de rompre des membranes et administrer une perfusion d’ocytociques. De là à tomber dans la facilité..."

 

C'est moi où le mec, il tente de se la péter, genre ce que je fais est hyper pointu ? Ben non mec, le lecteur non averti, en premier il pense juste que t'es un connard.

 

Il précise que tout ça c'est pas du tout du tout des déclenchements de convenance, tout ça c'est pour des raisons sécuritaires bien sûr.

 

Et puis faut dire merci, parce que l'air de rien, comme c'est l'accoucheur qui déclenche, ben c'est lui qui endosse les conséquences médico légales au cas où ça tourne mal (mais pas la maman hein, qui va peut-être se faire charcuter la choune, ouvrir le bide, douiller sa race pendant des heures, ou dans le pire cauchemar perdre son enfant et/ou son utérus). 

 

Il conclue comme on l'apprend au lycée, par une question ouverte : "Et pourquoi ne serait il pas concevable qu’une plainte soit déposée pour une mort foetale in utero survenue en fin de grossesse alors que celle-ci était surveillée et que l’accouchement n’a pas été déclenché alors que tout allait bien ?"

 

Dans son petit monde à lui, les femmes pourraient donc porter plainte parce qu'on ne les a pas déclenchées en fin de grossesse.

 

Comme ça hop hop hop ni vu ni connu jt'embrouille, il fout la trouille aux professionnels qui passent par là : proposez donc un déclenchement pour éviter tout plainte en cas de décès in utero plus tard....Et il fout la trouille aussi aux mamans enceintes : faites vous déclencher tant que tout va bien, car vous savez pas, peut-être que demain votre bébé sera mort dans votre ventre...

 

Alors, z'êtes d'accord, c'est le type le plus gerbant de la planète nan ? (en tout cas dans le top ten ça c'est certain) Le mec il se prend pour Dieu (enfin perso je ne crois pas en Dieu, mais tu vois la métaphore), et décide qu'une grossesse ne devrait pas durer 9 mois.

 

Il réussi quand même l'exploit de justifier un déclenchement au motif que...tout va bien. Clap clap.

 

Alors qu'on SAIT qu'un déclenchement entraine des risques, un accouchement souvent plus compliqué, qui demande une plus grande surveillance - c'est pas pour rien. Et qu'on déclenche un accouchement si ces risques sont moindres que de laisser la grossesse se poursuivre.

 

En fait il te fait le coup du pompier qui met le feu à la forêt - mais c'est pas grave il est là !

 

Docteur P...ou comment intervenir le plus possible là où il n'y aurait pas besoin.

 

...où comment voler aux femmes leur capacité à donner naissance.

 

...où comment leur mettre en tête à tout prix qu'elles ont BESOIN de lui.

 

...où comment voler au bébé son moment de naître quand il est prêt.

 

...où comment cracher sur l'Homme.

 

Je suis désolée pour ceux qui ont dû poser une RTT pour me lire.

 

SI tu veux aller sur son site pour voir plus en détails, vas-y fais-toi plaiz.

Gyneco2.jpg

Et sinon, "être humain" amateur, ya pas ?

 

 

Je le trouve dangereux, irrespecteux, immonde, dégueulasse, j'ai même pas assez de mots.

 

Tiens j'ai envie de collecter les couches les plus gerbos de ma Ventouse, et de les lui envoyer (en colissimo quand même, on n'est pas des bêtes).

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 10:36

Ouais, avec mon billet d'hier j'ai dû me replonger dans des études officielles sur l'obstétrique, et du coup ça m'a ramenée un an en arrière, quand je rédigeais notre projet de naissance avec Diego.

 

Je fuyais comme un plat de légumes vapeur les sites grand publics. Je me suis achetée un livre grand public sur la grossesse, et tiens faudra que j'en cause. Il m'a donnée tellement d'occasions de râler faut pas que je laisse ça comme ça, va falloir que je partage.

 

Par contre, j'allais lire les documents de la Haute Autorité de Santé (HAS) et du Collège National des Gyneco-Obstétriciens Français (CNGOF). C'est d'ailleurs suiite à ces lectures que j'ai refusé de faire le test du dépistage du diabète gestationnel (et personne ni SF ni gyneco n'y ont vu un problème).

 

Alors c'est parti, rentrons dans le coeur du sujet :

 

episio.jpg

 

 

Je pense que ya pas besoin de faire un roman pour expliquer qu'est-ce qu'une épisio : on te coupe la fouf' avec une paire de ciseaux pour faciliter la sortie du bébé.

 

La première épisio date de 1742 (précis les mecs. Par contre avec les conditions d'hygiène de l'époque, j'ai envie de serrer la maman très fort dans mes bras et de lui dire que je l'aime). L'épisio était faite lors d'expulsion compliquée. 

 

Méga engouement au 20e siècle en France pour l'épisio. La chatte était Ze place to cut. L'épisio était quasi systématique pour un 1er bébé. On apprenait aux sages femmes qu'il FALLAIT couper quand une primipare accouchait. On se demande bien comment l'Homme a survécu avant hein, si aucun bébé ne peut passer tranquille.

   

Depuis le début des années 90, un vent nouveau souffle sur le Monde merveilleux de l'obstétrique : on se rend compte qu'il n'y a AUCUNE étude prouvant les bénéfices réels d'une épisio. On se rend compte qu'on en fait surtout par habitude.

 

Les études sont faites et le verdict tombe : on s'est gourré les mecs, en fait l'épisio a son utilité, mais on en fait vachement trop !

 

En 2002-2003 En France, 68 % des primi y ont droit, et 31 % des multi.

 

Tranquille les mecs. 

 

En France, il faut attendre 2005 (hier quoi) pour que le CNGOF se positionne clairement et demande d'y aller mollo, niveau coupage de fouf'. Ils préconisent un taux maximum de 30 %. "À la lumière de la littérature, le groupe de travail estime que le taux global national devrait se situer en dessous de 30 % des accouchements par voie basse, pourcentage qui pourrait dans l’avenir continuer à s’abaisser s’il se confirme que cette politique de réduction a des conséquences positives, à l’image d’autres pays qui l’ont adoptée."

 

Moi j'aime les recommandations du CNGOF, parce qu'à partir de là, tu peux voir qui s'en fout, et qui respecte.

 

Je te donne des petits chiffres pour t'éclairer : le taux d'épisio en 2007 pour des accouchements non-pathologiques.

 

Si tu accouchais à Avignon, Polyclinique Urbain V : 70 % d'épisio

A Creil, Hôpital : 9 %

A Belfort, Hôpital : 16.1 %

A Brest, Polyclinique de Keraudren : 69.3 %

Au Mans, Clinique du Tertre Rouge : 6 %

 

Une mater qui est réputée pour son hyper faible taux d'épisio, c'est celle de Besançon. 1.5 % en 2011 (oui tu as bien lu, 1.5 %). Mater de niveau 3, donc pour accouchements à risques en plus.

 

Un gros big up pour Besançon.

 

Faudra qu'on m'explique pourquoi dans une mater on risque à 70 % d'être coupée (et t'inquiète qu'on te trouvera toujours une justification là dessus), mais que dans un autre département on n'ait que 6 % de risques d'entendre squick squick ?

 

Faisons leur fête à quelques idées reçues sur l'épisio :

 

- L'épisio prévient les déchirures : FAUX et même ARCHI FAUX

- Elle prévient l'incontinence urinaire : FAUX

- Elle prévient l'incontinence anale : FAUX

- Gros bébé = épisio forcément : FAUX.

- Instruments = épisio forcément : FAUX. Toutefois dans les faits, cela arrive souvent, notamment en cas de forceps (moins si ventouse)

- Jumeaux, siège = épisio forcément : FAUX

- Episio au premier bébé, épisio ensuite ? : FAUX

 

(Tu peux trouver tout ça là.)

 

Bon c'est pas tout ça, mais dans ce merdier, quelles sont les justifications officielles pour pratiquer une épisio ?

 

Il n'y en a pas vraiment. Tu me diras, on est bien avancés.

 

Il y a un décalage entre leurs recommandations et la pratique. Toutefois que dans les Hautes Sphères ils donnent des consignes, ça ne peut qu'aider. Il faut bien que le mouvement, le changement, parte de quelque part.

 

Notre pote le CNGOF recommande au praticien de faire appel à son expertise clinique, de remettre en cause sa pratique, ses habitudes, et de ne pas systématiser les épisiotomies. C'est absolument au cas par cas.

 

Ce n'est pas parce qu'on voit que la mère va se déchirer qu'il faut couper.

Ce n'est pas parce que c'est un gros bébé qu'il faut couper.

Ce n'est pas parce que c'est un peu long qu'il faut couper.

 

Etc...

 

Le CNGOF pour moi énonce une évidence, mais visiblement il faut des études et des colloques pour ça : chaque femme est différente, chaque accouchement est différent. Et une femme est une personne, pas un utérus à vider. Une femme qui devra vivre avec les suites d'une épisio, ses possibles complications, une cicatrice plus ou moins belle.

 

Des fois je trouve ça dingue qu'il faille tout un truc pour juste rappeler de ne pas appliquer les mêmes pratiques pour toute personne. Qu'un geste médical, d'autant plus quand il touche l'intégrité physique, ne doit pas être banalisé ni systématisé. 

 

Quand je pense qu'on leur apprenait jadis qu'il fallait -sans se poser de questions- couper...ça me débecte.

 

Quand je pense que ma belle-mère a eu une épisio à son premier bébé en 1977. Et que d'emblée on l'a prévenue : "vous en aurez une à chaque accouchement Madame." En effet, à chaque fois elle y a eu droit.

 

Quand je pense qu'au mépris total de la douleur, certaines femmes sont coupées et recousues sans anesthésie locale.

 

Quand je pense que certains gyneco (sûrement davantage ceux de la vieille école...quoique) font en recousant le "point du mari"...comprendre reserrer un peu plus le vagin pour le confort sexuel de Monsieur.

 

Je ne suis pas spécialement féministe, mais j'ai comme dans l'idée que si ça avait été un coup de ciseau sur la bite, on n'aurait pas attendu plus de 200 ans pour que les scientifiques se penchent sur la réelle utilité de cette pratique.

 

Et alors, avec leurs recommandations là, on en fait quoi ?

 

Ben perso, d'une part rien qu'avec les chiffres pour moi ça donne une idée de si la mater elle fait ou pas des efforts.

 

Ensuite je pense que se pencher soi-même sur la question, c'est une manière de prendre en main sa grossesse et de se préparer à accoucher.

 

Connaître les recommandations officielles en obstétrique, c'est savoir un peu où on met les pieds (pas direct dans les étriers quoi). C'est savoir de quoi on parle. C'est pouvoir en discuter avec la mater.

 

La mater qui te sort "Mais madame, laissez nous faire notre travail, on coupe si on estime qu'il faut couper. Et puis c'est pour votre bien, ça prévient les déchirures."Sans m'être renseignée, j'aurais dit OK. maintenant que je sais que ça ne prévient pas les déchirures, j'irais voir ailleurs...

 

Dans notre projet de naissance, j'avais accepté l'épisio uniquement en cas de souffrance foetale. Si un problème vital faisait qu'il fallait que ma fille sorte fissa, bien évidemment que j'aurais accepté qu'on m'épisiotomise la choune.

 

Comme j'avais confiance en ma mater, je savais qu'ils n'allaient pas me couper sans vraiment de bonnes raisons. Après je ne suis pas médecin, je remettais mon corps entre leurs mains et leur fameuse expertise clinique pour savoir s'il fallait que mon bébé soit sorti en urgence. Mais j'avais fait gaffe avant. Je n'y allais pas au petit bonheur la chance.

 

Comment éviter l'épisio ?

 

Il parait que des massages du périnée aident...Je n'ai pas essayé (flemme).

 

Je pense que tout est lié, et que la position joue aussi un rôle. Pour ma propre expérience, ma fille buttait sur mon coccyx. C'est en me mettant accroupie qu'elle a pu passer. La SF m'a dit qu'allongée...ben on aurait très certainement dû intervenir à coup de ventouse ou de forceps...donc sûrement une épisio.

 

Et sinon, à ce jour, on est en où, côté épisio ?

 

Je suis tombée l'an dernier sur un blog d'une jeune sage-femme. Elle l'avait commencé pendant ses études. Elle y racontait ses stages, passage du diplôme, puis premier emploi. C'était super intéressant à lire. Comprendre leur quotidien, la difficulté pour elles de proposer un accompagnement de qualité aux parturientes à cause de la logique de la rentabilité c'est toujours bénéfique en tant qu'usager.

 

Et puis un jour, elle publie un billet, cela faisait quelques mois qu'elle bossait, dans une grosse maternité. Et confie que dans l'urgence (beaucoup de femmes qui accouchent et peu de professionnels), et aussi pour se rassurer en tant que jeune pro...ben elle a la main lourde sur le ciseau. Comme ça, elle peut se fixer des objectifs de temps, et s'y tenir.

 

Et puis elle continue d'apprendre à bien recoudre, c'est en forgeant qu'on devient forgeron hein. 

 

Oui, quand on acccouche, on a aussi un être humain en face, qui a ses peurs, ses angoisses...et qui pour se rassurer, peut t'épisiotomiser alors que c'était pas top utile. De quoi bondir.

 

Mais tu constates aussi que dans son environnement professionnel, rien n'est fait pour qu'elle aussi, elle accompagne sereinement un accouchement (d'ailleurs elle dit aussi qu'elle ne pourrait pas accoucher sans péridurale au vu de ce qu'elle voit...ce qui me laisse à penser que là où elle bosse, c'est à la chaine et on ne peut pas soulager les femmes autrement que par une péri...)

 

Tout ça pour dire que ce n'est pas QUE une question de pratique obstétricale, purement scientifique, c'est aussi une question de moyens humains et techniques, de formations, pour qu'on ait de A à Z un accompagnement en béton armé-satiné quand on va accoucher... 

 

L'Enquête Nationale périnatalité 2010 rapporte que 44 % des primi ont eu une épisio. C'est quand même une bonne nouvelle, ça a bien baissé. Allez, encore un effort.

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 09:07

Quand j'étais en mode baby inside, j'allais souvent sur des forums causer avec d'autres futures mamans.

 

Ne me juge point, que celle qui n'a JAMAIS trainé sur un forum me jette une part de camembert moisi.

 

Mais si tu crois que je vais te filer mon pseudo tu te fourres le doigt dans la matrice.

 

Je ne participais pas beaucoup, j'étais plus dans la lecture tu vois. Mais bon, je postais quand même. Me suis même fait 2 copines, on discutait tous les jours, on s'entendait trop bien wouhou, on s'est parlé en privé, on s'est même téléphoné (waaaah, franchissage du monde virtuel au réel), on se disait qu'une fois les gosses nés, on s'organiserait une rencontre. La vie n'est qu'apéro.

 

Inutile de te dire que depuis qu'on a poussé fort devant une totale inconnue un beau jour de Juillet, on ne s'est jamais reparlé. En fait c'est surtout la grossesse qui nous liait.

 

Bref.

 

Un forum, c'est une micro société. Et c'est plutôt marrant à observer.

 

Par exemple, t'as celles qui veulent absolument exister. Elles participent à chaque post, surtout même pour ne rien dire, elles en créent un nouveau toutes les heures...

 

Un phénomène ouf, c'est celui de la mode. Quand il arrive un truc à une fille, un truc glauque si possible, après t'as une vague.

 

Un peu comme aux infos. T'as remarqué que ya toujours un thème de faits divers qui passe en boucle pendant une période ? Genre les gosses attaqués par un gros chien méchant. C'est par vague ça, les gosses attaqués. Pareil pour les agressions à main armée, les jouets de Chine super dangereux, les joggeuses enlevées, les gangs de Marseille... enfin tu vois.

 

Ça permet aux mamies le matin au marché de se demander "dans quel monde on vit quand même."

 

Sur un forum pareil. Un beau jour t'en a une qui crée un post car elle a dû se rendre aux urgences en cata. Tout le monde vient la plaindre, la soutenir, ce qui est plutôt sympa faut reconnaitre.

 

Ben ensuite, les posts comme ça pullulent. Alors y'en a des sérieux, genre la meuf est tombée dans les escaliers, elle est attaquée de toute part par les contractions. C'est un peu les boules quoi.

 

Et d'autres, ben tu sens que la meuf, elle a grave besoin qu'on la plaigne, qu'on s'occupe d'elle, qu'on s'inquiète pour elle. Elle aimerait bien qu'on lui crée un post pour elle intitulé "MonBBduBonheur88 est à la mater"...sauf qu'en fait son problème c'est qu'elle a ouvert un peu brusquement la porte du micro onde, et qu'il a cogné son bide. Bizarrement, elle a moins de soutien.

 

Je trouvais ça plutôt marrant à regarder. Au fil du temps, les gens se scindent en groupes : les primi ; les mamans de jumeaux, les mamans "nature" ; les moins de 20 ans ; les expatriées...Une vraie société jte dis.

 

Sauf qu'arrivée au terme de la grossesse, j'ai trouvé ça nettement moins funky.

 

Début juin, le top départ a été lancé, les premiers accouchements dits "à terme", vu que le bébé est autorisé à sortir à 8 mois.

 

Suite à ça, le petit jeu était de pointer tous les jours pour dire qu'on est encore là. Et ça a GRAVE dévié. Y'en a une qui a commencé à se plaindre d'être enceinte, qu'elle en avait ras le placenta, qu'elle allait faire son ménage tous les jours pour qu'il sorte merde (à 8 mois de grossesse, donc).

 

Et en fait, ça a basculé dans une compet' de très mauvais goût. C'était à celle qui aurait la fin de grossesse la plus pénible, donc celle qu'on plaindrait le plus, celle qui attirerait le plus l'attention, celle qui serait la plus légitime à accoucher finalement.

 

Au début je me suis laissée piéger (oui, je suis faible), je me suis plainte avec les autres. Et puis assez vite, je me suis dit que c'était un peu contre-productif quand même, et que le meilleur moyen pour me sentir mal c'est en effet de répéter tous les jours que j'en ai marre et que je me sens mal.

 

(T'as vu, y'en a là-dedans hein. Moi il me faut un quotidien peuplé de pétales de roses et de petits lapins tout doux.)

 

Alors j'ai arrêté de poster. Mais j'ai lu. Et j'ai jugé tu penses bien. La langue de puterie c'est tout ce qu'il te reste quand tu es à + 19 kg.

 

Par contre je parle des primi, les multi je me prononce pas, je pense qu'en effet ça doit être duraille sur la fin surtout avec un autre mouflet.

 

Ce que j'ai absolument pas pigé, c'est que la plupart n'en pouvaient plus d'attendre le terme, voulaient à tout prix accoucher, car elles étaient...fatiguées ! Elles voulaient mieux dormir.

 

Euh...d'où qu'elles croient qu'avec un nouveau né elles vont se reposer ?? J'avais tendance à penser que même si la fin de grossesse c'est pas franchement comme déguster un moelleux au chocolat, ben après c'est tout aussi sportif quoi...le gros ventre en moins, le petit être 100% dépendant (et braillard) en plus.

 

Un jour, est arrivé ce qui devait arriver : l'une a dit qu'elle n'en pouvait plus (pour changer), qu'elle avait demandé à la SF un décollement de membranes, qui lui avait été fait. 36h plus tard, elle avait accouché.

 

Et là, ce qui jusqu'ici était marrant, est devenu carrément glauque.

 

Les nanas, elles ont toutes sauté sur l'évènement, et ont commencé à dire qu'elles allaient demander à se faire déclencher.

 

GLURPS.

 

Les jours qui ont suivi, ça a été LE sujet de conversation. Certaines ont dit que y'avait pas moyen, fallait que leur SF leur fasse ça.

 

Certaines ont dit ça, puis se sont ravisées "il ne reste plus beaucoup de temps, je vais attendre que bébé soit prêt." Souvent celles là n'ont plus participé à la conversation ensuite.

 

Certaines se sont vu refuser le décollement car ce n'était pas dans la pratique de la maternité. Certaines ont été déçues, d'autres ont trouvé ça profondemment injuste.

 

Certaines ont eu un décollement qui n'a rien donné...

 

Il y en a une qui a demandé un déclenchement en bonne et due forme à son gyneco. Son col était favorable, elle l'a eu.

 

On est monté d'un cran.

 

J'avais l'impression qu'elles s'entrainaient l'une l'autre, au point tel qu'elles ne voyaient plus vraiment le sens profond et les conséquences de leur démarche. Elles se tenaient au courant des rendez-vous à la mater. S'il y avait refus pour col non favorable, une autre date était posée, et elles se tenaient au jus...

 

D'autres accouchaient naturellement entretemps.

 

J'hallucinais complètement derrière mon écran. Surtout que selon le terme, certaines avaient - au pire- 15 jours à attendre ! C'est quoi 15 jours ? Finalement pas grand chose, mais 15 jours à mon sens utiles au bébé.

 

Je me rappelle tout particulièrement une maman qui était ulcérée que le déclenchement lui soit refusé 5 jours avant le terme.

 

Sa mater laissait J+2 avant de déclencher, donc il lui restait UNE SEMAINE MAXI BORDEL !

 

Elle a posté sur le forum qu'elle y retournerait à J-2, qu'elle ferait un scandale si elle repartait sans son bébé. Il lui restait donc 4 jours à tenir au plus MERDE.

 

Elle l'a eu, son déclenchement. Ça s'est pas super bien passé, ça s'est fini plus ou moins en boucherie. Nul ne peut dire que ça se serait mieux passé sans déclenchement, mais bon... moi perso je me suis posée la question...Est-ce que ça valait vraiment le coup d'avoir un accouchement plus risqué pour gagner 4 malheureux jours ?

 

La vieille morale, c'est que des fois, face à plein de gens avec qui on a un point commun, on peut le laisser entrainer par cette sensation de vivre une expérience commune, cette sensation de faire partie du groupe, et d'y être un élément important...et que ça peut engendrer des décisions pas tiptop...

 

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Qu' elle, elle veuille arriver avant les autres je comprends, mais bon, elle c'est normal. Et je sens qu'elle en chie aussi.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 08:16

Quand t'es enceinte, le monde autour de toi réagit forcément à l'évènement.

 

Si tu travailles, tu as des collègues. Quoique si tu as un solo taf, genre animatrice des ventes en grande surface, dame pipi, garde forestier, fabricante de collier en crayons à papier machouillés, ben t'en n'as pas.

 

Tu bosses pas ? C'est pas grave, ça vaut pour l'entourage (famille, amis, mémés dans le bus..).

 

T'as pas d'entourage ? Ben déjà, vraiment jsuis désolée...mais sinon tu peux faire un effort imaginatif, genre avec les acariens. Si les acariens étaient doués de parole, ils te gonfleraient avec ta grossesse.

 

Les acariens, c'est comme les collègues en somme.

 

Je disais donc que le monde autour de toi réagit forcément face à ton gros bide.

 

Enfin, sauf la gourdasse du service qui avait pas pigé alors que t'es enceinte de 6 mois, que tu attendais un enfant. Mais c'est une gourdasse.

 

Voici le florilège des réactions gonflantes que tu peux avoir.

 

Bien sûr ya pas que ça, ya des gens à qui tu claquerais bien la bise, ils sont discrets mais prévenants, te demandent des nouvelles sans être lourdingues...des gens sioupers quoi. Mais on peut pas râler contre les gens sioupers, c'est relou.

 

Par contre je tiens à préciser que globalement je kiffe la plupart de mes collègues, j'ai la chance de bosser dans une très bonne ambiance. Mais les gens parfaits n'existent pas hein. Moi itou (quoique).

 

Bon alors au niveau des chiants il y a :

 

La quinqua qui connait la vie

 

Elle a eu des enfants, elle a de l'expérience, et ne manque pas une occasion de te dire que c'est une survivor, la Chuck Norris de l'éducation. Alors que toi, tu es selon elle un peu comme Jean-Pascal face à un dictionnaire : tu es interloquée, et naïve à souhait.

 

Tu ne peux donc absolument pas t'exprimer sur ces moments particuliers de ta grossesse.

 

Si tout va bien, tu te sens belle, désirable, Barbara Gould inside, tu gerbes pas, t'as mal nul part, tu dors trop bien, tu pètes le feu....

 

La quinqua qui connait la vie va te niquer ton groove. Elle va te dire que "ça va pas durer, tu verras quand ton gosse fera pas ses nuits/sera malade/voudra pas manger/fera des caprices/fera des expériences incluant une cigarette et Pompom le chat des voisins/voudra se faire tatouer/sera en échec scolaire/sera enceinte à 14 ans/voudra te buter pour toucher le capital décès, que là, tu la ramèneras moins, alors prépare toi tout de suite parce que ça va te tomber dessus."

 

Si ça va pas, tu vomis tes tripes, ton bassin fait 'clac clac' au moindre pas, tu as l'impression de perdre le bouchon muqueux depuis 7 mois, tu as des remontées acides qui tu le sais font cuire ta trachée...

 

La quinqua qui connait la vie va t'enfoncer encore plus. Elle va te narguer, comme quoi "tout ça c'est que dalle, t'es bien une chochotte quand même. Non parce que tu verras quand ton gosse fera pas ses nuits/sera malade/voudra pas manger/fera des caprices/fera des expériences incluant une cigarette et Pompom le chat des voisins/voudra se faire tatouer/sera en échec scolaire/sera enceinte à 14 ans/voudra te buter pour toucher le capital décès, là tu comprendras vraiment ce que c'est d'être mal, alors bon, va ptet falloir se secouer hein."

 

Il faut fuir la quinqua qui connait la vie. Je la suspecte de vouloir se la péter à mort, genre moi j'ai vécu, moi je sais, et je m'en suis sortie alors que j'en ai bavé, alors toi la primi, la ramène pas tu sais rien.

 

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Cette escargotte a croisé une Quinqua qui connait la vie. Vois comme elle semble démunie désormais.

 

La trentenaire qui croit que t'es comme elle

 

Si tu as une collègue de ton âge, qui a eu il y a peu un enfant : gloups.

 

Elle revit sa grossesse à travers toi, chaque étape, chaque SG, chaque prise de sang, chaque écho. Si vous avez à peu près la même vision des choses concernant les mioches, ça doit être vivable, limite tu peux là te trouver une épaule sympa sur laquelle te vautrer.

 

Mais si la collègue est à l'exacte opposée de ta vision des choses, c'est juste l'Enfer. Surtout que tu ne fais pas encore partie des primi, tu es encore nulli, donc pas le droit de donner ton opinion parce que "oui oui tu dis ça mais tu verras plus tard etc" (c'est première étape de la future quinqua qui connait la vie).

 

Du coup, quand tu annonces à la trentenaire qui croit que t'es comme elle que tu veux un accouchement physio, donc no péri, houlala. Elle te rétorque que t'es bizarre, "tu veux un accouchement cauchemardesque ou quoi ??" Là tu lui demandes de te raconter le sien. Déclenchement protocolaire pour dépassement de terme à J+1, péri qui marche pas, col qui stagne, césarienne.

 

Hou-hou. Ah ouais je l'envie grave ton accouchement dis-donc. Je lui dis ou pas que son accouchement là, c'est ça le cauchemar pour moi ?

 

Et c'est comme ça pour tout, tout, tout.

 

La tarée qui croit que c'est son bébé

 

Oui, tu peux en avoir une qui, au lieu de te demander si tout va bien, te demandes avec une voix stridente et un sourire hargard/baveux : "comment va mon bébé ?"

 

C'est en général la même qui met la main sur ton ventre sans te demander.

 

Fais gaffe si tu pars en vacances. Elle va être en manque. A ton retour, elle peut se mettre à crier dans le couloir et avancer prestement vers toi, mains tendues en avant, en disant "ooooh, mon bébé ! mon bébé ! Ça fait si longtemps que je l'ai pas vuuuuu !"

 

Oui oui, tu peux relever que c'est très con, techniquement personne ne le voit, ce bébé. Tarée jte dis.

 

Tu pourrais croire que pour des raisons narratives j'ai exagéré, mais non, je te jure sur le Jurançon 2004, j'ai eu une collègue comme ça. Exactement, mot pout mot, main pour main.

 

Flippant.

 

La chef qui flippe que tu sois arrêtée

 

Du coup là comme ça t'as l'impression qu'elle prend soin de toi, elle aménage tes horaires, te donne un peu moins de taf, limite tes déplacements...Et puis après tu vois qu'environ 7 fois par jour elle te demande si tu vas bien. Et elle ajoute "tu dis hein, si t'es trop fatiguée, c'est important de pas être stressée...c'est mieux si tu vas jusqu'au congé mater."

 

Bon du coup en fait sa bienveillance a un but caché. Mais bon, en même temps tu as conscience que ton absence peut lui compliquer la tâche, et puis c'est quand même mieux qu'une chef qui t'emmerde.

 

Finalement tu peux jouer avec sa flippe. Tu peux tenter un "ça me tire en bas" avec un air à la fois inquiet et las, et BAM, t'es en weekend dès 15h.

 

Donc ça a un bon côté, mais le fait qu'elle te répète, soi-disant avec humour, qu'il faut que tu tiennes jusqu'au bout hein, c'est un peu gonflant sur la fin.

 

La nulli qui sait tout mieux que toi et qui te contredit

 

Tu dis que tu es suivie par une SF ? Elle te rétorque qu'un gyneco, c'est mieux.

 

Tu vomis non-stop ? Elle te dit quoi faire pour y remedier alors qu'elle a juste maté sur enceinte.com, genre tu l'as pas déjà fait.

 

Tu refuses l'amniocentèse ? Elle te dit que c'est pas prudent et te demandes d'y réfléchir encore.

 

Tu dis que tu sens le bébé bouger ? Elle te dit qu'à ce stade de la grossesse c'est pas possible.

 

Tu dis que tu sens que ton bassin s'élargit ? Elle te répond que le seul moment où le bassin s'élargit, c'est à l'accouchement.

 

Tu dis que tu as peu d'être zebrée de vergetures ? Elle te dit que t'a qu'à juste mettre de la crème.

 

Tu dis que niveau libido c'est pas ça ? Elle te dit que pourtant les femmes enceintes sont des chaudasses.

 

Tu dis que tu vas accoucher à 1heure de route ? Elle te dit que c'est un comportement limite dangereux.

 

Elle te gonfle grave, en général tu as envie de lui péter sa gueule au bout d'un moment.

 

Celle qui se croit sur le Bon Coin

 

Et qui généreusement, te propose de te revendre plein de matos pour une bouchée de pain. Elle voulait les mettre en vente, mais avait un peu la flemme donc ça tombe bien.

 

Toi, reine de la bonne affaire, tu lui dis ok fais péter les photos et la liste du matos.

 

Elle t'apporte tout ça, tu fais ton choix, on se met d'accord sur un prix, tope là ma poule.

 

Sauf que le jour J, elle se raboule avec TOUT SON GRENIER.

 

"Euh mais Françoise, c'est gentil hein, mais j'avais choisi ce qui m'intéressait...

- non non mais t'inquiète, ça me fait plaisir, tu verras ça va te servir.

- certes mais vraiment non merci, tu vois des sièges de bain j'en ai déjà 2, et une nacelle, on n'en veut pas...

- ralala, ne chipote pas, moi j'en ferai rien, allez je te le mets dans le coffre !"

 

On s'est donc retrouvé avec plein d'objets dont on ne voulait pas, qui nous encombrent grave, et avec la subtile impression d'avoir un peu servi de débarras quand même.

 

Elle te propose aussi sur la fin de te donnner un "chemisier super pratique quand on est enceinte !"

 

Ton âme hurle par la négative au vu de ses goûts vestimentaires (gelés depuis 1987), mais t'oses pas dire non sur le coup.

 

Et quand elle te rapporte la loque, là c'est plus fort que toi, tu déclines.

 

Le chemisier est hyper ample, avec des grandes fleurs violettes, des épaulettes, un col en V finement liserété par de la dentelle genre le truc que mamie elle met sous sa soupière du salon, et des boutons en fausses perles nacrées.

 

L'intention est sympa hein, mais juste non quoi.

 

Et les points communs qui réunissent toutes ces personnes

 

- On te harcèle ni plus ni moins pour connaître le sexe, puis le prénom.

 

- Le jour J approche, tu reçois des tonnes d'appels ou des sms pas bienvenus je te jure.

 

- On te dit que c'est dommage d'aller accoucher si loin ça les empêche de venir te voir à la mater...sans demander si à la base t'aurais souhaité leur présence (en l'occurence, non).

 

- On te bombarde de conseils éducatifs que tu n'as pas demandé, et qui sont merdiques il faut bien le dire.

 

- On cherche à moitié à te faire peur avec des récits d'accouchement-boucherie, ou d'enfants hyperactifs qui ne dorment jamais.

 

 

Nul ne peut y échapper...

 

Et toi, c'était comme ça ?

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 09:31

Salut toi.

 

Je t'avais dit que je te causerai du déménagement de ma SF. Dis comme ça on peut croire qu'on s'en cogne, et c'est pas tout à fait faux. Mais c'est l'occaz pour moi de râler et sache-le, je suis une râleuse.

 

Elle nous avait dit qu'elle voulait déménager dans le coin, elle cherchait donc une maison avec un lieu pouvant lui permettre d'installer son cabinet. Elle avait fini par trouver, et elle me confie que l'Administration lui casse les meules, rapport au fait que son cabinet est très moyennement (pour pas dire pas du tout) accessible aux personnes handicapées, plus exactement, aux personnes à mobilité réduite.

 

Elle me sort, genre jsuis ta potesse, que c'est quand même des cons, oui la femme potentiellement handicapée ne pourrait pas atteindre la salle d'examen, qui serait située à l'étage, mais de toutes façons "la maman handicapée, elle ne pourra pas monter sur la table ! Alors à quoi bon ?"

 

J'avoue, je ne sais pas du tout comment s'effectue le suivi, et même l'accouchement pour une femme qui est en fauteuil.

 

Toutefois, je suis assez fortement sensibilisée à l'accès à TOUT pour les personnes handicapées. Ça me débecte que ces personnes doivent autant lutter pour ces choses qui nous sont acquises.

 

Je ne sais pas ensuite ce qui s'est passé administrativement, mais elle a pu ouvrir son cabinet. J'ai eu l'occasion d'y aller, et là j'ai juste HALLUCINE.

 

Je te décris : il s'agit d'une ancienne petite maison de ville réhabilitée.

 

Déjà c'est chiant : rien pour se garer aux alentours.

 

Tu entres, tu arrives dans une grande pièce qui devait être le salon/cuisine américaine, délimitée en deux parties grâce à DEUX paravents. La première partie est la salle d'attente, la seconde le bureau de la SF, là où elle fait son entretien, là où elle gère la partie administrative.

 

Donc oui, quand tu es dans la salle d'attente, en fait tu es aux premières loges de ce qui se dit avec celle qui était là avant toi. Tu vois et tu entends TOUT.

 

Euh, allô secret médical ? Allô confidentialité ? Allô vie intime ?

 

J'ai choisi d'attendre dehors par respect pour la maman qui était présente. Ma SF n'a pas compris...

 

Bon ensuite le bureau, RAS. C'est un bureau quoi, quatre pieds, un bordel tout à fait respectable, des dossiers, un agenda, un PC...

 

Vient le moment où elle souhaite t'examiner de façon plus approfondie.

 

Si tu as suivi, tu as lu plus haut qu'il y a un étage.

 

Vois-tu, j'ai moi même grandit dans une vieiiiiiiille maison de ville, avec des escaliers hypers raides. La raideur, ça me connait (j'entends d'ici le rire gras de Diego. L'homme reste A VIE au stade de l'ado prépubère. C'est agaçant.).

 

Et bien là c'est plus fort qu'Hector, c'est non seulement un escalier hyper raide, mais en plus hyper étroit. LE truc pète gueule par excellence. Pour que ton pied tout oedèmé rentre sur la marche, faut le mettre en biais. Et pourquoi pas direct une échelle ma poule, te fais pas chier.

 

Pour monter ce fucking escalier visuellement c'était déjà grandiose, mais pour le descendre, avec le bide qui te cache quelque peu la vue, c'est tout un folklore.

 

Je suis retournée la voir pour ma visite post accouchement... laisse-moi te dire que c'est tout aussi intéressant avec un bébé. J'avais trop peur, je lui ai demandé de descendre ma Ventouse.

 

Je ne comprends pas. C'est dangereux, et c'est une certitude certaine (tu vois j'appuie fort je suis convaincue) : un jour, quelqu'un se pètera la tronche. Enceinte ou avec un bébé, j'imagine l'étendue possible des conséquences.

 

Alors oui, elle et son mari ont flashé sur la maison attenante dans laquelle ils allaient vivre. Ça se comprend, c'est leur lieu de vie, ça ne me regarde pas. Mais un cabinet aussi peu adapté à son activité, ce dont elle semble se contrefoutre, je trouve ça râlable.

 

Et puis le coup de la femme handicapée qui de toutes façons ne pourra pas monter sur la table d'examen....et si c'est le papa qui est handicapé ? Moi tu vois Diego est venu et a assisté à tous les rendez-vous, c'était notre souhait à tous les deux, ben handicapé il aurait du rester en bas ?

 

Tout ça me rend quelque peu chafouin.

 

Pour la peine, demain je fais (encore) ma groooosse langue de pute, ok ?

 

 

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:22

Je sens déjà que ça te fait rêver. Ne me remercie pas je suis là pour rendre ta vie plus belle.

 

Vois-tu à part dix jours au tout début de ma grossesse, je n'ai pas été arrêtée (par mon médecin j'entends. Par la Police par contre oui, mais c'était juste un contrôle des papiers. J'ai un peu flippé quand même.).

 

A partir du 5e mois, c'est grossesse-croisière, franchement globalement j'ai pas à me plaindre. Mais j'avoue je suis un peu fatiguée, ça tire en bas...et j'ai 1h30 de voiture aller-retour pour aller taffer, mon job est souvent stressant, je fais des déplacements...

 

Bref mon congé mater est fin mai, toutefois j'ai l'intention d'aller geindre chez mon médecin début mai pour qu'il m'arrête. Comme ça je pourrais glander comme j'ai jamais glandé de ma vie préparer sereinement tout en me reposant l'arrivée de notre enfant.

 

Fin avril, j'ai rendez-vous avec ma SF. Elle me prend ma tension (à poil pour changer) qui explose tous les records. Ah et puis je suis un peu enflée aux pieds, mains, visage. Ah et ça me gratte terriblement aux cuisses. Ah et puis au toucher elle voit que le col fait pas le fier.

 

"BON LA ON VA ARRETER LES CONNERIES, FAUT PLUS ALLER TRAVAILLER FAUT VOUS REPOSER"

 

Putain ben ma vieille, tope là ! Bon après je vais pas jouer au con hein, je vais faire plein d'analyses pour voir si tout va bien.

 

Elle me fait un mot et me renvoie vers mon médecin traitant et ses trois heures d'attente pour qu'il m'arrête. Elle me dit qu'en tant que SF elle n'a pas la possibilité de me prescrire un arrêt.

 

D'ailleurs ça m'a fichu un vieux doute, MissBelly si tu passes par là tu peux confirmer ? Car moi je croyais qu'une SF pouvait arrêter au max 15 jours...

 

Bien évidemment, chez le médecin, j'ai une tension de jeune fille. Mais il ne pose aucun problème, il m'arrête jusqu'au bout.

 

Je ressens une paix intérieure, c'est juste indescriptible. Comme l'impression que tu pars en vacances pour le reste de ta vie (oui l'espace de quelques minutes j'ai juste oublié que bientôt je n'aurai plus de nuit complète. Tu peux me traiter de gourdasse.)

 

J'ai un bilan sanguin à faire, et une albuminurie sur 24h. Quoi qu'est-ce ? Moi je croyais que j'allais devoir faire pipi deux matins de suite.

 

Houhouhou quelle méprise jeune débutante.

 

On me tend un bocal qui me parait juste énorme, et on me dit que je dois faire pipi dedans pendant 24h et leur rapporter ma production.

 

Ok, je te fais ça.

 

Alors je vais t'ouvrir grand les portes de mon intimité. Je ne sais pas faire pipi autrement que normalement, sur nos bonnes vieilles toilettes. Les toilettes turques, c'est ma hantise. Faire pipi dans la forêt ? Faut que j'enlève TOUT le bas. Sinon je sais pas faire.

 

Me voilà en tête à tête avec mon bocal. Viens chéri, je vais te combler (huhu).

 

Je rappelle pour toi qui n'a rien suivi : je suis enceinte, de 7 mois là. Ce qui implique un ventre quelque peu bombé. Ce qui malheureusement n'implique pas que je fusse une bombasse (houla, je m'emballe sur la conjugaison là). Mais c'est un autre sujet.

 

Donc, comment faire ? Je me suis semi assise au dessus de la cuvette, et j'ai fais comme j'ai pu en tenant le bidon sous moi (je vais pas te faire un dessin non plus).

 

Ce jour là, sache que je me suis uriné sur les doigts.

 

Je devais retourner à mon taf chercher mes affaires. Donc je devais emmener mon nouveau meilleur ami. Tu ne le répéteras pas au labo, mais je l'ai laissé chez moi. Vois-tu, je commence à connaître mon karma. Il n'y avait que deux issues possibles si j'emportais le bocal avec moi : soit il se serait répandu dans ma voiture soit, plus fort, dans les toilettes du bureau. Non non, cherche pas, me gonfle pas avec des "t'avais qu'à verifier qu'il est bien fermé", ÇA SERAIT ARRIVE, C'EST TOUT.

 

De retour chez moi, j'ai dû reprendre mon rituel urinatoire. Au fur et à mesure, je me suis améliorée. J'ai calculé l'angle, la pression atmosphérique, la puissance du jet, et j'ai fini par bien viser.

 

Sauf que plus tu remplis...ben plus tu remplis, et ça commence à peser son poids.

 

Tu peux visualiser (mais avec ton propre corps STP), tu es enceinte; c'est la nuit profonde, tu as la paupière qui colle, et tu dois porter à bout de doigts un bidon de plus d'1 kg et faire pipi dedans. Ça se passe de commentaires.

 

Pour finir, étant donné que j'allais pas planquer le bocal à la cave à chaque fois, le transparent contenant siegait fièrement dans nos toilettes communes. So glamourous.

 

Diego a tenté une remarque, comme quoi c'était beurk et qu'il allait me quitter. Je lui ai juste rappelé cet hiver 2006. Il avait chopé une mycose du cul, et la seule position où il était pas trop mal c'était à 4 pattes (cul nu bien sûr) devant le radiateur (l'air chaud lui faisait du bien). Ça faisait un peu plus d'un an qu'on était ensemble, et je suis restée putain, je suis restée.

 

Il a admis la pertinence de ma remarque, et m'a massé généreusement les pieds. Non mais.

 

Au fait, l'intégralité de mes résultats étaient normaux. Fallait juste que je me vautre repose. Faut pas me le dire deux fois.

 

Sur ce, Joyeux Noël Ginette.

 

*ce récit n'est pas en temps réel, j'ai accouché en juillet 2011"

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 09:00

Heeeeeeeey

 

Ma première écho a été space, mais elle s'est bien passée au niveau de la forme. Je l'avais faite dans un cabinet d'écho dans une ville pas loin de chez moi.

 

Ma SF m'avait parlé d'une échographiste très très réputée dans la région. Il parait qu'elle est hyper pro, et en plus sympatoche ! Même à la capitale ils envoient des femmes passer des échos chez elle tellement elle est douée la meuf. Quoi de mieux ? Mais du coup, son agenda est blindé des années lumières à l'avance.

 

Trop tard pour la première écho, mais j'ai du coup pris rendez-vous pour la deuxième chez elle.

 

Je suis curieuse d'entendre parler de quelqu'un comme du Christ, je vais fouiner sur le net. Et j'y vois pas tout à fait la même chose. En fait la nana, elle doit être bipolaire.

 

Je tombe sur des avis disant qu'elle est charmante, souriante, douce, bref un vrai café gourmand faite femme.

 

D'autres disent qu'elle est froide, qu'elle fait des remarques déplacées, limite agressive, bref une vraie crevette moisie faite femme.

 

Devinez sur qui je suis tombée ? La bad ou la good ?

 

Ben voui bien sûr, la bad.

 

Déjà, son cabinet. Super froid. Quelques chaises pas très confortables. Merde quoi, un pti coussin, un peu de moelleux, y'en a qui pèsent un quintal sur la fin quoi bordel.

 

Des magazines super vieux super abimés. Alors qu'on aurait pu allier attente et culture. Re merde.

 

Les toilettes...un chiotte trèèèès ancien, et sans lavabo. Re re merde. J'aime pas quand il n'y a pas de lavabo.

 

Bon, point positif, pas trop de retard. Elle arrive dans la salle d'attente. Elle nous appelle, et sans nous attendre, repart dans son cabinet. Alors que ya un couloir tout tordu et plusieurs portes.

 

Je déteste ça. Je trouve ça condescendant. Ça la tuerait d'attendre vingt secondes ? Du coup t'as un vieux coup de pression, tu ramasses tes loques en vrac, et tu te mets limite à lui courir derrière comme un toutou. Vraiment, j'aime pas.

 

Nous entrons dans le cabinet...et là je vois où passe le fric de ses consult' : on se croirait dans Nip/tuck. Bon après c'est cool hein, on a un grand écran plat devant les yeux quand on se fait échographier le bide, plus de rupture de cervicales, je suis pas une ingrate je dis merci.

 

Mais mon cul aimerait aussi de la considération (rapport à la salle d'attente).

 

On commence la papote. Putain quand elle parle j'ai l'impression qu'elle m'engueule. Elle me demande la date de mes dernières règles. Je lui réponds. Là elle tique :

 

"Non mais c'est quoi ça ? Vous me racontez quoi là ? Dernière règle telle date, et vous prétendez être tombée enceinte à telle date ? Mais non, l'ovulation c'est 14 jours après je vous signale."

 

Là franchement, je suis restée coi. Je me suis dit elle plaisante ou bien ? Elle sait qu'un cycle de 28 jours c'est de la théorie ? Nan mais elle doit blaguer. Surtout que je lui ai dit que ça faisait suite à une stimulation ovarienne, donc on sait un peu quand j'ai ovulé quoi.

 

Ensuite "Bon on va pas rester là toute la soirée, allongez-vous !"

 

Elle est où la douceur, il est où le sourire ? J'ai envie d'écouter Careless Whisper de George Michael en frottant mon lobe d'oreille.

 

Je m'allonge, je soulève mon haut. J'ai deux vergetures sur le ventre, pas du tout liées à la grossesse, je les ai eues juste avant (signe du destin ? Merci le signe hein tu remarqueras).

 

Là elle m'attrape littéralement le bide (oui c'est possible), elle désigne les veregtures (vois comme l'émotion me fait faire des fautes), comme si j'étais un bout de barbac sur l'étal du boucher, ni plus ni moins, "Ça a déjà pété ? Ben vous êtes mal vous !"

 

Oh ça tombe bien, je manquais cruellement d'humiliation en ce moment. Je ne suis que béatitude.

 

Ensuite, la grosse brutasse commence son taf. Elle me fout la sonde sur le ventre, et appuie comme une dingue.

 

Je lui dis qu'elle appuie un peu fort là quand même. "Mais non" qu'elle me répond.

 

Tout est dit.

 

J'ai l'impression de passer au rouleau compresseur. Je ne regarderais plus ma tartine grillée de la même façon. Pardon tartine, je te beurrerai plus doucement à l'avenir.

 

J'ai mais super mal. Elle râle. Elle dit que mon bébé ne se met pas bien pour qu'elle voit ce qu'elle a à voir.

 

J'arrive même pas à m'intéresser à l'écran, je tente d'anticiper le prochain appuyage pour retenir mon souffle. Je serre mon pull et je me pince les lèvres.

 

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  "Sinon je suis masseuse aussi."

 

 

Elle me dit que mon bébé "n'a pas compris qui était le patron". Mais je suis fière, si fière. Mon bébé, je le vois de mes yeux, frappe la sonde !! je vois littéralement sa main se lever ! Et j'entends "bong ! bong !" YES ! THAT'S MY GIRL

 

J'en peux plus de cette écho de merde. Tout d'un coup elle voit que je suis qu'un gros tas de nerfs coincés un poil tendue. Elle tente de blaguer mais j'ai envie de lui dire "sérieux ? Non mais sérieux ? Là tu tentes de te la jouer jsuis ta meilleure pote ? C'es trop tard putain pour sortir la carte complicité "

 

Elle s'énerve. Mon bébé n'est pas dans le bon sens. Elle enfonce l'intégralité de son poing dans mon ventre et fait des mouvements bien forts comme il faut. Je douille ma race. Diego hallucine, mais n'ose rien dire. Moi aussi, je me tais. J'encaisse.

 

Elle nous demande si on veut savoir le sexe. OUIIIIIIIIIII UN PEU DE DETENTE.

 

"C'est une fille ! (elle nous montre son anatomie) Voilà, vous aurez une pisseuse."

 

Pour l'annonce émouvante et éloquente, on repassera.

 

Je me lève.

 

110 euros Madame.

 

Au vu du caractère de ma fille qui ne s'est pas laissée faire pendant l'écho, elle me souhaite bonne chance pour l'accouchement.

 

On dit que la deuxième écho est la meilleure. Ben elle nous l'a bien gachée. Bien évidemment, je n'y suis pas retournée pour la troisième (suis pas complètement timbée non plus).

 

J'ai eu mal au bas ventre pendant trois jours. Comme si j'avais des bleus, comme si on m'avait tabassée. Enfin, l'idée que je m'en fais, car j'ai la chance de ne jamais m'être fait tabasser.

 

Mais ça a eu une utilité. J'ai bien constaté ce que je savais déjà : face à un professionnel de santé, je ne moufte pas, Diego non plus. Merci la bonne vieille éducation à la "tu obéis, tu subis, point."

 

J'ai rien osé dire, alors que j'étais même pas en train d'accoucher !

 

Raison de plus pour bien préparer en amont l'accouchement...

 

Mais n'empêche : je le savais, moi, que c'était une fille !! Remuage du fion.

 

 

 

* ce récit n'est pas en temps réel, j'ai accouché en juillet 2011.*

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 08:42

Je lisais comme à l'accoutumée le blog de Faithfullyyours, je vois qu'elle est chafouin car pas encore de bide.

 

Aaaah, ça me rappelle il y a un an puisque visiblement son terme est pour tout début juillet (à moins que je me vautre ?).

 

Vu que je gerbais, je priais pour avoir au moins un petit ventre, merde, quelque chose qui pourrait me dire concrètement que j'attends un bébé, et autre chose bien évidemment que l'envie de rouler un patin à la cuvette des toilettes.

 

J'ai une collègue, dès qu'elle est enceinte, ça se voit. C'est impératif, il lui faut des fringues de grossesse dès le deuxième mois.

 

La hyène.

 

Moi j'ai du racheter des fut', mais une taille en dessous (voire deux) à cause des 9 kilos perdus.

 

Je rêvais d'avoir un mega ventre, putain.

 

Il poussait tout doucement (toujours la fainéantise dans les gênes). Moi je le voyais (un peu), mais pas le reste du monde.

 

Je me rappelle en avril, donc enceinte de six mois quand même, je cause à quelqu'un que je côtoie peu au taf, je lui dis que je vais bientôt partir patati patata...Je vois qu'elle pige rien (mais qu'elle est con c'est pas possible). "Ben tu pars où ?" "Ben en congé mat' "

 

Ah bah elle avait pas vu que j'étais enceinte. Mais bon là c'est elle qui déconnait de la groseille, objectivement à six mois j'avais un ventre de femme enceinte.

 

A terme, j'étais bien grosse. Mais en fait j'ai surtout pris les deux derniers mois.

 

Mon ventre est ainsi devenu le dance floor des vergetures. Youpitralali. Je les ai évitées en grande partie tout au long de ma grossesse, j'ai oint mon corps de diverses huiles, et tout a pété juste avant la ligne d'arrivée. Joie.

 

Par contre dans mon combat contre la salope de peau qui craque, je vote huile d'avocat. Note pour toi-même. L'huile d'avocat est ton amie. C'est quand j'ai changé (histoire de varier) pour une crème Mustela de mes deux que tout a laché.

 

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Rien à voir avec avec les fluides corporels de ces Messieurs, aussi charmants soient-ils. Quand je dis avocat, je parle du fruit.

 

 

Mais je me suis vengée. Sans le faire exprès. Toutefois, le résultat est là.

 

J'ai senti très tôt ma puce bouger.

 

C'est arrivé à 3 mois de grossesse + 12 jours (oui bon presque 3 et demi quoi). Le 19 janvier à 7h38. J'étais en train de geindre dans le lit, à me dire qu'il fallait que je me lève pour aller bosser. Et c'est arrivé.

 

Certaines parlent de "papillons dans le ventre". Perso cette image me dit QUE DALLE. Moi, je comparerais plutôt ça à vous savez, cet espèce de mouvement sacadé que fait votre paupière (ou y'a que moi ?)...je crois que c'est un nerf qui se croit à Cancùn.

 

Si on devait le visualiser, c'est comme quand on fait un oeuf au plat. Y'a le blanc qui fait parfois une sorte de poche qui palpite. Ben pareil, mais dans le bide.

 

Voilà, pour moi ça fait ça. J'avais absolument jamais ressenti ça avant, donc point de doute possible, malgrè les grognasses copines qui te disent que tu dois te tromper on sent rien avant cinq mois. ET MA MAIN DANS TA GUEULE TU LA SENS ?

 

J'avoue j'ai dû apprivoiser cette sensation, je trouvais ça bizarre au début, et même pas forcément plaisant plaisant (oui je sais, je suis chiante). J'aimais la symbolique de sentir le bébé bouger, mais pas la sensation.

 

Et puis au fur et à mesure, j'ai aimé...j'ai même sur-aimé.

 

Aaaah putain, je suis toute nostalgique moi du coup. J'vais m'enfiler un cassoulet, les gaz vont peut-être me permettre de ressentir à nouveau la magie de la grossesse ?

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Mais surtout j'ai une petite fille née en juillet 2011. Quand même.
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